De l’usage des arbres pour mesurer la pollution atmosphérique (1min)

Photo © Franck-Legros-Fotolia.

1585
⏱ Lecture 2 mn.

Des scientifiques ont utilisé le processus de dendrochimie pour mesurer l’évolution de l’exposition du site industriel de Fos-sur-Mer aux polluants métalliques au fil du temps. 

La dendrochimie consiste à réaliser des carottages dans les troncs des arbres âgés et, à partir de la datation des cernes, d’analyser les anomalies de la composition chimique du bois. Cette méthode permet d’évaluer l’exposition des territoires et des populations aux pollutions de toutes sortes à travers le temps. Des chercheurs de l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions, du Laboratoire Chrono-environnement et du Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement (Cerege) l’ont ainsi utilisée pour caractériser l’historique des polluants atmosphériques dans l’une des zones les plus industrialisées et urbanisées d’Europe : la zone portuaire de Fos-sur-mer, dans les Bouches-du-Rhône. Ils ont sélectionné deux espèces d’arbres : le pin d’Alep (Pinus halepensis) et le peuplier noir (Populus nigra), ce dernier étant un modèle plus pertinent du fait de sa forte capacité de bioaccumulation. Ils ont effectué des carottages dans une parcelle industrielle, une parcelle urbaine de la ville de Fos-sur-Mer et une parcelle rurale située à 20 km du port industriel. Les arbres des deux premières parcelles ont montré des concentrations significatives en arsenic, cadmium, cobalt, cuivre, molybdène, zinc, aluminium, antimoine, calcium, et magnésium, soulignant l’industrialisation croissante de Fos-sur-Mer et l’exposition du territoire et des populations à de nombreux polluants métalliques émis par les industries du port. Si les teneurs en la plupart de ces éléments a diminuée à partir des années 2000 grâce à des mesures de contrôle des émissions atmosphériques, d’autres représentatives des activités métallurgiques et sidérurgiques, comme le chrome, le nickel, le vanadium ou le fer, ont récemment augmenté. Cette étude a ainsi « mis en lumière la pertinence des méthodes dendrochimiques pour évaluer l’exposition à la pollution atmosphérique dans le temps », conclut-elle dans son introduction.