Bilan carbone négatif pour la savane africaine (2 mn)

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african savannah at sunrise
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Une étude démontre que les savanes arborées des régions africaines semi-arides ont un bilan net de carbone négatif : les quantités de carbone retenu par la végétation sont moins importantes que les quantités relâchées dans l’atmosphère.

Face à la déforestation et aux périodes de sécheresse de plus en plus prononcées sur le continent africain, les scientifiques cherchent à comprendre le rôle des différents types de végétation (formations arbustives, savanes arborées, forêt tropicale) dans la dynamique des stocks de carbone et leur sensibilité au réchauffement climatique. Des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), du CEA, du Centre national d’études spatiales (Cnes) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont produit un nouveau jeu de données de l’indice de végétation, appelé L-VOD (L-band vegetation optical depth), issu des observations spatiales du satellite SMOS entre 2010 et 2016. « Ces données ont permis de quantifier les changements dans les stocks de carbone sur l’ensemble de l’Afrique sub-saharienne sur la période », explique l’Inra dans un communiqué. A la différence des méthodes de mesures utilisées jusqu’à présent, l’indice L-VOD permet de sonder l’ensemble de la strate végétale dans des formations végétales relativement denses, et non pas seulement le sommet de la canopée. De plus, il apporte apporte une dimension temporelle à des cartes globales mais statiques de la biomasse de la végétation. « Cette nouvelle méthode permet de suivre la dynamique saisonnière des pertes et gains de carbone mais aussi de la mettre en relation avec l’impact du climat », résume l’Inra.

Les résultats de l’étude montrent que, sur la période 2010-2016, le bilan net de carbone sur le continent africain est globalement négatif, particulièrement dans les savanes arborées des régions semi-arides, qui ont donc émis plus de CO2 dans l’atmosphère qu’elles n’en ont stocké. Les pertes brutes annuelles de ces régions représentent environ 5% du total des stocks de carbone disponible. Les scientifiques associent ces changement aux tendances de dessèchement : « cette étude remet en question l’idée que les savanes arborées africaines pourraient servir de puits de carbone sur le long terme. En effet, les auteurs montrent que les récentes années sèches sur la période 2010-2016 ont conduit à considérer ces régions comme une source de carbone, en particulier en Afrique du Sud, signifiant que sur le court terme le climat contrôle les variations des stocks de carbone à grande échelle. Sur le long terme, la question du maintien du rôle des savanes africaines comme puits de carbone reste donc ouverte. »

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