Renards, fouines, putois : des alliés contre la maladie de Lyme

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La protection des espèces prédatrices telles que le renard roux, la fouine ou le putois diminue la prévalence des maladies transmises par les tiques. C’est ce que révèle une étude dont la synthèse est publiée par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB).

Dans le monde, l‘incidence des maladies dites vectorielles (c‘est à dire transmises par un vecteur vivant à l‘homme ou à l‘animal) a augmenté ces dernières décennies. C‘est le cas pour les maladies à tiques dans le nord-ouest de l‘Europe (maladies transmises par Ixodes ricinus) et dans le nord-est des Etats Unis (Ixodes scapularis). Certaines de ces maladies sont très invalidantes, comme c‘est le cas pour la maladie de Lyme. Les résultats de recherche de l‘équipe de Tim R. Hofmeester de l‘Université de Wageningen menés sur 20 parcelles forestières aux Pays-Bas, dont la FRB publie la synthèse,, démontrent que l‘activité des prédateurs, en régulant les populations de rongeurs porteurs peuvent abaisser le nombre de tiques dans un écosystème et que moins il y a de tiques, moins elles sont elles-mêmes infestées par des pathogènes comme la bactérie responsable de la maladie de Lyme.

La mise en évidence de ce phénomène n‘est pas nouvelle. Dès 2012, Levy et al. avait démontré que si l‘émergence de la maladie de Lyme en Amérique du Nord était due à l‘augmentation de la population de cerfs, l‘augmentation rapide de l‘incidence de la maladie dans le nord-est et le midwest des USA ces trente dernières années, était due à la diminution du renard roux prédateur spécialiste des rongeurs, hôtes privilégié pour la majorité des tiques.. Cette étude montre le rôle important des prédateurs dans la régulation des populations animales et les possibles effets en cascade induits par un déséquilibre de l‘écosystème. Il manquait néanmoins la confirmation de ces résultats par des données en situation réelle, sur le terrain, ce que s‘est attaché à faire la présente étude.

Néanmoins cette étude est la première à établir, par des analyses de terrain, une corrélation négative entre l’activité des prédateurs, la densité totale des nymphes et la densité des nymphes infectées pour trois agents pathogènes transmissibles par les tiques. Elle confirme donc que des changements dans l’abondance des prédateurs ont des effets en cascade sur la transmission des pathogènes entre différentes espèces hôtes et que la protection des espèces prédatrices telles que le renard roux, la fouine ou le putois est une solution fondée sur la nature pour diminuer la prévalence des maladies transmises par les tiques.

Les tiques vivent dans les zones boisées et humides et sont endémiques en France.
Chez l‘homme, la maladie se développe pendant plusieurs années, tout d‘abord sous forme de symptômes cutanés, puis neurologiques (raideurs de la nuque, céphalées, vomissements), avec éventuellement des douleurs articulaires ou des problèmes cardiaques. Le nombre de cas avoisine les 27 000 chaque année, ce qui a conduit le ministère de la santé à publier en 2016, le plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques.

La synthèse de l’étude

Le plan national de lutte