Mieux connaître les écosystèmes agricoles pour en améliorer la gestion

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Une étude publiée par l’Inra évalue les services rendus par les écosystèmes agricoles, afin de mieux les prendre en compte dans les systèmes de production.

L’Institut National de Recherche Agronomique (Inra) définit l’écosystème agricole comme « l’ensemble des parcelles dédiées à la production de biomasse agricole », qui est régie par des « pratiques de production, processus écologiques et apports d’intrants exogènes », c’est-à-dire par exemple d’engrais chimiques. Le but de l’analyse des services écosystémiques agricoles conduite par l’Inra est la « conception de systèmes de production reposant sur la valorisation de ces services, donc peu consommateurs en intrants exogènes et répondant aux enjeux de société tels que la conservation de la biodiversité ou la limitation des impacts environnementaux », explique ainsi l’institut dans un communiqué. Les experts de l’étude ont défini et évalué quatorze services écosystémiques, en quantifiant son importance à l’échelle de la France. Une approche visant à rechercher les causes communes déterminant plusieurs services a été privilégiée. Ainsi, l’étude montre par exemple que « l’abondance et la diversité des auxiliaires des cultures joue simultanément sur trois services écosystémiques : pollinisation, régulation des graines d’adventices, régulation des insectes ravageurs. »

Parmi les enseignements tiré de l’étude, celui de l’azote invite à une amélioration des pratiques agricoles. Les experts ont évalué la quantité d’azote minérale fournie par l’écosystème agricole au sol, en comparaison avec la minéralisation pratiquée à l’aide d’intrants chimiques dans les systèmes actuels. « La comparaison des résultats obtenus entre les systèmes actuels et des systèmes en fertilisation minérale intégrale, montre que, pour les 8 principales grandes cultures, 40 à 50 % des besoins annuels des plantes en intrants sont pourvus par le service écosystémique (avec 60 % des valeurs situées entre 40 et 44 %), résume le communiqué. Dans tous les cas, ces résultats montrent qu’on pourrait limiter les apports en engrais minéraux actuellement effectués. »

Si l’étude se fonde principalement sur les grandes cultures représentatives des systèmes agricoles industriels actuels, les scientifiques souhaitent l’étendre aux pratiques alternatives, telles que l’agriculture bio ou celle sans labour, afin de « définir des systèmes agricoles s’appuyant au maximum sur les services écosystémiques et donc beaucoup moins gourmands en intrants. »

Le résumé de l’étude