Retenue d’eau dans la station de La Clusaz: la rapporteure publique défavorable au chantier

adege de Pixabay

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La rapporteure publique a demandé mardi au tribunal administratif de Grenoble d’annuler un arrêté autorisant la construction d’une retenue d’eau destinée à alimenter la station de ski de La Clusaz notamment en neige de culture.

En 2022, la préfecture de Haute-Savoie avait autorisé la commune à entamer des travaux pour construire une retenue collinaire dans le massif des Aravis, d’une capacité de 148.000 m³, destinée aux deux tiers à l’enneigement artificiel des pistes de ski et le reste à l’eau potable.

Cet arrêté, contesté par des associations environnementales, avait été suspendu en référé et la mairie avait prononcé un moratoire sur le chantier en attendant le jugement au fond.

Lors de l’audience, mardi, La Clusaz, qui prévoit une augmentation de sa population (qui compte aujourd’hui quelque 1.660 habitants), a défendu un projet qui « a pour objectif de pérenniser l’activité économique et de sécuriser la ressource en eau sur le territoire ».

La rapporteure publique a estimé que le projet devait être annulé car il ne présentait pas « de raison impérative d’intérêt public majeur », justifiant de déroger à l’interdiction de détruire l’habitat d’espèces protégées, nombreuses sur le site.

Selon elle, « les inconvénients relevés apparaissent excessifs par rapport aux intérêts soulevés » et la projection d’augmentation de la population a été « probablement surestimée ».

Les tribunaux administratifs suivent généralement les avis des rapporteurs publics, des magistrats ayant pour mission de les conseiller. Celui de Grenoble rendra sa décision d’ici un mois.

Le chantier de retenue à la Clusaz, évalué à 10 millions d’euros, a cristallisé les tensions entre deux visions de l’avenir de la montagne.

Pour ses partisans, la retenue est indispensable pour conforter l’enneigement de la station dans un contexte de réchauffement climatique.

Les opposants, qui avaient occupé le bois de la Colombière à l’automne 2022 — rebaptisé la CluZAD — pour empêcher le début du chantier, dénoncent de leur côté une atteinte au milieu naturel mais également une fuite en avant concernant le domaine skiable.

En mai, la commune de La Clusaz a déjà accepté de payer 130.000 euros dans le cadre d’un accord avec la justice destinée à mettre un terme à des poursuites lancées parce qu’elle avait prélevé illégalement une source d’eau pour alimenter une retenue servant à la production de neige de culture.