Le Sénat vote le projet de loi créant « une nouvelle justice pour l’environnement » (2 mn)

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1996
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Le Sénat dominé par l’opposition de droite a adopté largement mardi en première lecture le projet de loi créant « une nouvelle justice pour l’environnement », porté par la garde des Sceaux Nicole Belloubet.

Le texte relatif « au Parquet européen et à la justice pénale spécialisée » a été voté par 318 voix pour, trois voix contre et 19 abstentions, dont celle du groupe CRCE à majorité communiste. Il doit maintenant aller à l’Assemblée nationale. Son volet emblématique vise à améliorer la réponse judiciaire aux atteintes à l’environnement, aujourd’hui peu poursuivies et avec des peines souvent assez faibles. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Le texte prévoit la création dans chacune des 36 cours d’appel d’une juridiction spécialisée, avec des magistrats dédiés, pour s’occuper des atteintes telles que la pollution des sols ou les infractions à la réglementation des espèces protégées. Les dossiers les plus simples continueront à être traités par les tribunaux de proximité, tandis que les plus graves le seront par les deux pôles interrégionaux spécialisés de Paris et Marseille. Est également prévue la mise en place d’une nouvelle « réponse judiciaire », la « convention judiciaire écologique », une forme de transaction, comme le plaider-coupable, pour les entreprises reconnaissant leur responsabilité. C’est la mesure qui a été la plus critiquée à gauche. La présidente du groupe CRCE Eliane Assassi a fustigé son « insuffisance, son inefficience, voire sa dangerosité ».

« Déçus par les aspects environnementaux » du texte, les socialistes ont aussi estimé par la voix de Jérôme Durain que le plaider-coupable « ne saurait constituer une solution acceptable en matière environnementale, carles dégâts provoqués sont bien souvent irrémédiables ». Le rapporteur Philippe Bonnecarrère (centriste) a au contraire salué un nouvel « outil efficace » à disposition de la justice, tandis qu’André Reichardt (LR) a estimé qu’il sera « essentiel » que soit contrôlée « l’effectivité de la réparation du dommage écologique ». Le président du groupe RDSE Jean-Claude Requier a dit espérer que la navette parlementaire « permettra de renforcer » le volet environnemental.

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