Relance économique de l’UE : la Commission européenne ouvre le robinet (2 mn 30)

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Un fonds de 750 milliards d’euros a été proposé par la Commission européenne pour financer la reprise économique post-Covid de l’UE. Le Fonds pour une transition juste sera notamment renforcé de 40 milliards d’euros. Les ONG critiquent le manque de « conditionnalité » de ces aides.

La Commission européenne a dévoilé son plan d’aide à la relance économique de l’Union Européenne, devant le Parlement européen, mercredi 27 mai. Baptisé Next Generation EU, cet instrument financier propose un budget de 750 milliards d’euros pour aider les 27 États membres à financer la reprise économique, en s’appuyant sur 500 milliards d’euros de subventions et 250 milliards de prêts. La présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen, a dit vouloir faire le pari d’un investissement « dans notre avenir : le pacte vert pour l’Europe et la numérisation stimuleront l’emploi et la croissance, la résilience de nos sociétés et la santé de notre environnement« . [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

La transition écologique fait partie des réformes éligibles aux fonds de Next Generation EU. Elle pourra bénéficier de 310 milliards d’euros de subventions et des prêts à hauteur de 250 milliards d’euros. Le plan de relance prévoit notamment une proposition de renforcement du Fonds pour une transition juste, créé dans le cadre du Green Deal, à hauteur de 40 milliards d’euros, afin d’aider les États membres à accélérer la transition vers la neutralité climatique. Ce fonds bénéficiera en priorité aux pays les plus en retard en la matière. La France pourra ainsi bénéficier de 2,14 milliards d’euros de subventions européennes pour aider certains de ses territoires à sortir du charbon, assez loin derrière la Pologne (8 milliards d’euros), l’Allemagne (5,15 Md€) ou encore le Royaume-Uni (4,44 Md€).

Les associations ont vivement réagi aux annonces de la Commission, louant un plan ambitieux, mais craignant un manque de contrôle de l’attribution des fonds. Ainsi la Fondation Nicolas Hulot (FNH) a affirmé que « Le plan de relance proposé par Ursula Von der Leyen marque un tournant majeur. Historique, ce plan peut le devenir si dans les faits il permet de financer une sortie de crise basée sur la conversion écologique de l’Europe« . Mais les conditions de l’usage de cet argent européen inquiètent l’ONG : « Le critère ‘do no harm’ [qui ne nuit pas à l’environnement] devra être confirmé par une exclusion stricte des investissements dans les énergies fossiles. Et il faudra aller au-delà en priorisant les investissements primordiaux, alliant emploi et transition : rénovation des bâtiments, transports durables ou conversion agro-écologique en tête. »

Isabelle Autissier, la Présidente du Fonds mondial pour la nature (WWF) France, est allée plus loin en écrivant que « les garanties en ce sens ne sont pas encore là. Nous appelons à ce que des conditionnalités soient ainsi fixées aux aides pour qu’elles ne soutiennent en aucun cas des activités polluantes mais au contraire qu’elles permettent la transition écologique. » D’une manière générale, afin de répondre à l’objectif de décarbonation de l’industrie européenne, « l’Union européenne devrait conditionner les aides aux industries énergivores à un plan de transition vers la neutralité carbone« , écrit l’ONG dans un communiqué.

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