L’AFB, un an après : « au cœur de la biodiversité, pas à la tête ! »

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Un an après sa création officielle, l’Agence française pour la biodiversité (AFB) présentait la semaine dernière un premier bilan de son action, et dévoilait son agenda pour les mois et années à venir.

« Face à l’ampleur et aux conséquences potentielles des enjeux, c’est d’une mobilisation collective dont la biodiversité a besoin. Ce qui se joue, c’est au fond un changement de notre modèle et cela ne peut reposer seulement sur l’Agence, explique le directeur général de l’AFB Christophe Aubel. Nous devons par contre être l’un des leviers qui permettra le basculement. Nous nous positionnons donc comme une agence qui fait par elle-même, mais aussi une agence qui fait avec les autres, et qui même fait faire. C’est l’agence cœur de réseau et non tête de réseau car nous cherchons la coopération et pas le leadership. »

Voilà pour la posture. Sur le fond, l’Agence détaille ses quatre axes de travail :

  • L’action « au cœur » des territoires, avec une forte implication dans le déploiement des Atlas de la biodiversité communale (ABC) ; la création des Agences régionales pour la biodiversité (celle d’Ile-de-France est déjà créée, neuf autres sont en cours de réflexion ou ont déjà engagé un processus partenarial : Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Normandie, Grand Est, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche Comté, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie et Corse ; seuls Auvergne-Rhône-Alpes, les Hauts-de-France et les Pays de la Loire sont en retrait) ; l’action des Parcs naturels marins et l’action dans les outre-mer.
  • La lutte contre les atteintes à la biodiversité, avec la mise en action de la Police de l’eau et de la nature (en 2017, les 680 inspecteurs de l’environnement de l’AFB ont effectué 20 243 contrôles, dont un quart se sont révélés non conformes) et le suivi des mesures de compensation des atteintes à la biodiversité liées à la séquence Eviter-Reduire-Compenser dans le cadre des projets d’aménagement. L’AFB annonce pour 2°18 l’ouverture d’un portail documentaire ERC,
  • Le travail de connaissance en matière de biodiversité, avec la construction d’un système d’information sur la biodiversité, un appel à projets « Biodiversité des sols et agroécologie », des sites de démonstration pour la restauration des cours d’eau, un programme de suivi des espèces, notamment piscicoles, par la technique de l’ADN environnemental, ou encore, à l’international, le soutien actif à l’IPBES.
  • L’appui aux politiques publiques : il s’agît là de redonner vie à la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), quelque peu délaissée par le ministère de l’écologie sous le précédent mandat, d’impliquer l’Agence dans le projet Life Marha (marine habitats), ou de coordonner les rapportages nationaux des directives nature à travers l’UMS Patrinat.
  • La sensibilisation et la mobilisation des citoyens, à travers les programmes #monprojetpourlaplanete ou Ecophyto.

Un vaste catalogue d’action que l’Agence met en cohérence en travaillant de façon permanente avec les autres acteurs de la nature et des territoires : une agence « au cœur » des actions, pas « à la tête ».