Commercialisation de l’ivoire d’éléphant : deux pas en avant, un pas en arrière

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La Commission Européenne a annoncé des mesures pour mettre fin aux exportations d’ivoire brut. Dans le même temps, la France a allégé l’interdiction de commercialisation de l’or blanc sur le territoire.

La Commission Européenne souhaite en finir avec le commerce d’ivoire brut. En plus d’avoir annoncé dans un communiqué du 16 mai l’allocation de 2,25 millions d’euros au secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) pour renforcer la lutte contre le trafic d’espèces sauvages, elle a abordé la question des éléphants en indiquant que 1900 défenses d’ivoire ont été exportées légalement de l’Union Européenne vers l’Asie entre 2013 et 2016. D’après elle, l’augmentation de ces exportations de pièces anciennes pourrait « stimuler la demande internationale d’ivoire et servir de couverture à des échanges illicites ». Jusqu’alors, l’interdiction d’exportation de l’ivoire brut s’appliquait uniquement aux pièces entrées dans l’UE après 1990. La Commission recommande désormais aux Etats membres de « ne plus délivrer de documents d’exportation pour l’ivoire brut à compter du 1er juillet 2017 ».

Faisant le constat de la recrudescence du braconnage illégal, avec près de 30 000 éléphants d’Afrique chassés chaque année, elle les enjoint également à « procéder à des contrôles plus stricts » dans le cadre des autorisations d’exportation d’ivoire travaillé. Seuls les articles acquis avant 1975 (pour l’ivoire d’éléphants d’Asie) et 1976 (pour l’ivoire d’éléphants d’Afrique) pourront désormais être exportés.

En France, un arrêté du 4 mai rend désormais obligatoire la déclaration de transport, de vente, de colportage ou d’achat d’ivoire, rejoignant en cela la volonté de l’UE de renforcer les contrôles. Toutefois, la position de l’Hexagone demeure ambiguë, car ce même arrêté assouplit l’interdiction de commercialisation d’ivoire sur le territoire. Ainsi, jusqu’alors, seuls les objets travaillés datant d’avant le 1er juillet 1975 pouvaient être commercialisés de façon dérogatoires. Désormais, seuls les « objets fabriqués après le 2 mars 1947 composés en tout ou partie d’ivoire » sont interdits au transport à des fins commerciales. Ceux antérieurs à cette date, ou tous les objets contenant moins de 200 grammes d’ivoire échappent à cette interdiction.