🔻 Mercosur : le Brésil rejette les critiques de la France sur la déforestation

Photo d'illustration © Florian Plaucheur - AFP

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Aerial picture of a deforested area close to Sinop, Mato Grosso State, Brazil, taken on August 7, 2020. (Photo by Florian PLAUCHEUR / AFP)
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Le gouvernement brésilien a assuré mardi 22 septembre que l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur ne représentait « aucune menace pour l’environnement « , critiquant les réticences de la France, opposée au projet en raison de la déforestation.

« Le Brésil s’est montré capable d’augmenter sa production de viande, de soja et de maïs tout en diminuant la déforestation« , peut-on lire dans un communiqué des ministères des Affaires étrangères et de l’Agriculture du Brésil. « De 2004 à 2012, la déforestation en Amazonie a chuté de 83%, tandis que la production agricole a augmenté de 61%« , précise ce communiqué, qui rejette les arguments d’un rapport du gouvernement français daté de jeudi dernier. Pour Brasilia, ce rapport intitulé « Dispositions et effets potentiels de la partie commerciale de l’Accord d’Association entre l’Union européenne et le Mercosur en matière de développement durable » montre une « méconnaissance de la réalité brésilienne« .

« L’augmentation de la production (agricole) au Brésil est due aux innovations technologiques, sans nécessité d’expansion vers de nouvelles zones« , affirme le gouvernement brésilien dans son communiqué. Jeudi, au moment de la publication de ce rapport, Paris a renouvelé son opposition à l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur sous sa forme actuelle, en pointant notamment le problème « majeur » de la déforestation.

Lundi, c’était au tour de la chancelière allemande Angela Merkel d’émettre pour la première fois de « sérieux doutes » sur l’avenir de cet accord, face à la menace écologique pesant sur la forêt amazonienne au Brésil. Le vaste accord de libre échange a été signé l’an passé entre l’UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), mais pour pouvoir définitivement être validé, il doit encore être ratifié par tous les parlements nationaux.

Le gouvernement brésilien « réfute toute affirmation selon laquelle l’accord augmenterait la destruction de la forêt amazonienne« , ajoutant que les exportations de viande vers l’UE suivent déjà des critères de traçabilité très stricts. Mais un consortium de médias d’investigation a révélé fin juillet que de grands groupes alimentaires comme JBS, numéro 1 de la viande, auraient pris part au « blanchiment de bétail » issu de fermes auxquelles il est interdit d’exporter leur viande à cause de la déforestation. Cette enquête a montré des chauffeurs de camions portant des uniformes avec des logos de JBS transporter des bovins issus d’une de ces fermes vers une autre « propre« , non frappée par ces interdits. JBS dit avoir lancé une enquête interne et assure que le groupe agit « en toute transparence« .

Mardi, le président brésilien Jair Bolsonaro a déclaré dans son discours à l’Assemblée générale de l’ONU que son pays était « victime d’une des campagnes de désinformation des plus brutales sur l’Amazonie« . Selon les derniers chiffres officiels, 1.358 km2 ont été déboisés en Amazonie le mois dernier, 21% de moins qu’en août 2019. Mais si l’on prend en compte les données recueillies depuis janvier, la baisse est seulement de 5% par rapport à 2019, année de tous les records.