🔻 Rapport : pour sauver la nature, le monde doit multiplier par 5 ses investissements dans la biodiversité

Photo d'illustration © Alain Audet - Pixabay

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L’institut Paulson, The Nature Conservancy et l’Université Cornell ont publié un rapport intitulé « Financer la nature : combler le déficit de financement de la biodiversité mondiale ». Partagé à l’approche de la 15ème Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique (CBD), le rapport met en évidence l’investissement total nécessaire pour financer la conservation de la biodiversité dans le monde. Il identifie aussi les mesures que doivent prendre les acteurs privés et publics pour atteindre ce niveau d’investissement.

Le rapport « Financer la nature : combler le déficit de financement de la biodiversité mondiale », publié par L’institut Paulson, The Nature Conservancy et l’Université Cornell a pour objectif principal d’informer les délégations nationales et d’autres négociateurs sur le niveau d’investissement requis pour financer la conservation de la biodiversité. Il a été pensé en vue  du cadre mondial pour la biodiversité post-2020 qui sera adopté lors de la 15ème Conférence des Parties (COP15) de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB), en 2021, afin d’élaborer une stratégie de mobilisation des ressources.

Le rapport constate qu’il existe un écart important entre les investissements qui seraient nécessaires à la conservation de la biodiversité, et ce qui est réellement dépensé pour elle. En 2019, les dépenses mondiales pour la biodiversité sont ainsi comprises entre 124 et 143 milliards de dollars par an alors que le niveau d’investissement nécessaire se situe entre 722 et 967 milliards de dollars par an, selon le rapport. Le déficit de financement de la protection de la biodiversité est donc compris entre 598 et 824 milliards de dollars par an.

Sur le long terme, le rapport doit guider les dirigeants politiques, les ministères des Finances des pays, les institutions internationales et les représentants des entreprises, des ONG et du secteur philanthropique privé à mieux comprendre les arguments économiques en faveur de la conservation de la biodiversité et à accélérer la transformation des modèles économiques nationaux en modèles qui valorisent la nature.

Quatre idées principales sont détaillées dans le rapport. Dans un premier temps, il évoque l’idée que réduire l’écart entre les dépenses effectuées et les dépenses nécessaires à la préservation de la biodiversité dépend fortement des mesures prises par les gouvernements. Ensuite, le secteur privé a un rôle essentiel. Cependant, les gouvernements doivent d’abord ouvrir la voie aux acteurs du privé en mettant en place un environnement réglementaire approprié. La troisième idée évoquée est de s’assurer que la nature est correctement valorisée dans toutes les économies. Pour cela, il faut instaurer des mesures incitatives afin de décourager les actions nuisant à la biodiversité. Enfin, le rapport affirme qu’il faut combler le déficit de financement de la protection de la biodiversité.

Dans le cadre des négociations de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, le rapport recommande aux parties d’élaborer et de mettre en œuvre des plans nationaux de financement de la biodiversité. Ils devraient prendre en compte la mobilisation des ressources – qu’elles soient publiques, privées ou philanthropiques – à plusieurs échelles : locale, nationale et mondiale. Le rapport recommande alors divers objectifs de mobilisation des ressources dans le cadre mondial de la biodiversité pour l’après 2020 : les flux financiers permettant d’améliorer l’état de la biodiversité doivent augmenter pour combler le déficit de financement de la biodiversité d’ici 2030. Pour cela, 100% des parties doivent élaborer immédiatement des plans nationaux de financement de la biodiversité et les mettre pleinement en œuvre d’ici à 2030.

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