Que signifie « gestion adaptative » pour des espèces en danger d’extinction ?

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Grand tétras, courlis cendré, barge à queue noire, tourterelle des bois sont les quatre premières espèces concernées par la « gestion adaptative » : elles restent chassables malgré leur statut d’espèces menacées.

Un projet de décret en consultation publique jusqu’au 3 mars sur le site du ministère de la transition écologique et solidaire (MTES) crée la polémique. Il a pour but de désigner les quatre premières espèces qui pourront faire l’objet d’une « gestion adaptative », concept qui a fait récemment son apparition dans le Code de l’environnement. Il s’agît de fixer le nombre d’individus de ces espèces qui pourront être chassés chaque année, en fonction de l’état des populations. Problème : les quatre premières espèces qui relèveront de ce nouveau traitement sont quatre espèces menacées, dont l’une, le grand tétras, en danger critique d’extinction. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a fait part de sa totale réprobation :« la LPO est a priori favorable à la gestion adaptative des espèces. A condition qu’il s’agisse bien de fixer des quotas du nombre d’individus d’une espèce à chasser afin que celle-ci conserve un bon état de conservation. Comme le canard colvert, écrit son directeur Yves Vérilhac. Ou éventuellement pour des espèces non encore inscrites sur les listes rouges de l’UICN, mais dont les effectifs sont en déclin, comme l’alouette des champs, afin d’empêcher des espèces de rejoindre la liste rouge. Mais la gestion adaptative ne devrait pas être un prétexte pour continuer de chasser des espèces en mauvais état de conservation ». Sur le site de la consultation, un chasseur confirme les craintes de la LPO, en écrivant en toute candeur : « oui pour la chasse adaptive, c’est notre seul rempart pour éviter de se retrouver à nu et avoir une liste d’espèce chassable rendu a néant ».

Un contributeur à la consultation, qui se définit comme un ancien chasseur, résume le débat : « courlis cendré, tourterelle des bois, grand tétras…que des espèces menacées d’extinction en France d’après la liste rouge des oiseaux nicheurs validée par l’UICN ! Et qui subissent des baisses d’effectifs catastrophiques depuis 15 ans ! Pourquoi vouloir une « gestion » de ces espèces qui ne font subir aucun préjudice aux activités agricoles, forestières, économiques ? La seule solution passe par leur protection intégrale au niveau national. Est-ce ainsi que l’Etat français protège son patrimoine naturel, en autorisant le tir d’espèces menacées ? En faisant encore et toujours preuve d’allégeance envers le milieu cynégétique ? CONTRE CE PROJET destiné uniquement à satisfaire les desiderata d’une minorité de la population ». Le ministère explique de son côté que ces quatre espèces ont été retenues pour tenir compte de plusieurs critères : le statut dans les listes rouges UICN (vulnérable et quasi menacée) ; l’existence d’un plan de gestion international (courlis cendré, barge à queue noire) ; l’existence d’un plan européen (tourterelle des bois).

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Le projet de décret

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