🔻 Arrêt du CDG Express : l’État va faire appel, selon Matignon

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Le gouvernement va faire appel d’une décision du tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) suspendant les travaux de la liaison rapide CDG Express, le train rapide qui doit relier l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle au centre de Paris, a indiqué Matignon lundi 14 décembre.

Le tribunal administratif de Montreuil avait annulé début novembre l’autorisation environnementale contenue dans un arrêté interpréfectoral autorisant les travaux du CDG Express. » L’État est en train de mener les procédures ad hoc pour pouvoir continuer ce projet. On fait appel très concrètement de cette décision », a-t-on indiqué dans l’entourage du Premier ministre.

La dérogation s’appuyait sur le fait que le projet ferroviaire répondait à un « intérêt public majeur » et pouvait à ce titre traverser des zones où vivent des espèces protégées. Mais le tribunal a remis en question les deux grandes raisons d’être du projet, à savoir une meilleure desserte vers Roissy et les jeux Olympiques de Paris 2024. Sa mise en service a d’abord été décalée à la fin 2025, afin de limiter les perturbations liées aux travaux pour les lignes de trains de banlieue au nord de Paris, en particulier le RER B. En outre, la pandémie de Covid-19 a fait s’effondrer le trafic aérien.

Dans ce contexte, le tribunal n’estime pas « qu’une reprise de la croissance de trafic aérien puisse être anticipée à la date prévisible de mise en service de l’infrastructure litigieuse« , et refuse de regarder le projet « comme constituant une infrastructure indispensable, répondant, par conséquent, à des raisons impératives d’intérêt public majeur ». « C’est une analyse que nous ne partageons pas », a-t-on dit à Matignon, la baisse du trafic aérien n’étant pas selon l’exécutif « durable et définitive ».

« Dans le projet de CDG Express, il y a 500 millions d’euros d’infrastructures pour le RER B« , une ligne de banlieue qui a grand besoin d’une rénovation dans le même secteur nord de Paris, s’est récemment émue la PDG de la RATP Catherine Guillouard. « En tuant le CDG Express, on fait un trou d’un demi-milliard dans la raquette du financement du RER B », a-t-elle insisté. « C’est la même autorisation environnementale pour les travaux du RER B », a renchéri la présidente du conseil régional et d’Ile-de-France Mobilités, Valérie Pécresse.