🔻 Grippe aviaire: un premier élevage de canards contaminé dans les Landes

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Un premier élevage français, des canards dans les Landes, a été contaminé par la grippe aviaire, ravivant le souvenir des crises des hivers 2015-16 et 2016-17 pour la filière foie gras.

Dans les Landes, un premier élevage de canards a été contaminé par la grippe aviaire. Les 6.000 canards de l’élevage, à Bénesse-Maremne, ont été abattus dès dimanche, au lendemain d’une « forte suspicion » d’influenza aviaire de type H5 (communément appelée grippe aviaire). L’élevage avait constaté vendredi et plus encore samedi une « très forte mortalité de canards« . Autour de l’élevage, une « zone de contrôle temporaire » sur 15 communes, mise en place dès samedi, a été réhaussée d’un cran lundi, avec mouvements de volailles interdits dans une zone de 10 km autour du foyer, « où des mesures sanitaires strictes doivent être observées« , dont un protocole détaillé de confinement, isolement, accès, désinfection.

De premiers cas français de H5N8, virus non transmissible à l’homme, avaient été détectés en novembre dans des animaleries, en Corse et dans les Yvelines, livrées en oies par un particulier du Nord. Plusieurs cas de cette maladie, hautement contagieuse et mortelle pour les oiseaux, ont aussi été confirmés dans la faune sauvage. « Une oie bernache en Loire-Atlantique et trois cygnes en Meurthe-et-Moselle découverts morts en fin de semaine dernière viennent d’être confirmés atteints par le même virus H5N8« , rapporte mardi le ministère de l’Agriculture. Le virus circule activement par l’intermédiaire des oiseaux migrateurs. Le « retour » du H5N8 renvoie les éleveurs de canards de la filière gras du Sud-Ouest aux crises des hivers 2015/16 et 2016/17, quand des épizooties de grippe aviaire avaient engendré des abattages massifs : plus de 25 millions de canards (sur quelque 35 millions élevés en France) lors de la première crise, 4,5 millions lors de la deuxième. L’interprofession a accueilli le cas landais avec fatalisme : « On était en alerte rouge la semaine dernière » depuis l’oie bernache identifiée comme porteuse sur la façade atlantique, déclare à l’AFP Marie-Pierre Pé, directrice du Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras). « On ne voyait pas comment ça n’allait pas se produire ».

Mais la réactivité de tous a montré les « leçons apprises » lors des crises précédentes. Dominique Graciet, l’éleveur de Bénesse-Maremne, par ailleurs ex-président de la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine,  souligne le temps précieux gagné par rapport à il y a cinq ans. « On a gagné au moins trois ou quatre jours par rapport à l’hiver 2015-2016. A l’époque, il aurait fallu attendre les résultats confirmés des analyses, planifier et mettre en oeuvre le dépeuplement, on n’aurait abattu que mardi voire mercredi« , souligne-t-il. Les transports de palmipèdes auraient continué entretemps, facilitant la propagation. « Pour avoir connu les crises de 2015, 2016, 2017, je suis confiante que ça va être jugulé au plus vite« , assure Mme Pé. « On a déjà dépeuplé l’élevage et la chaîne de transmission est cassée. » En outre, une possible « chance dans notre malheur » du cas landais est qu’il intervient dans une zone (le sud-ouest du département) à faible densité d’élevage, avec le plus proche à 5-6 km environ, donc relativement « peu de risque de propagation naturelle« , selon M. Graciet. Pour autant, souligne-t-il, « on ne sait pas encore tout du mode de propagation du virus« . Et outre malgré « le travail fait par tous les professionnels depuis cinq ans en matière de biosécurité, il y a des impondérables« , liés à la faune sauvage, mais aussi parfois au climat, aux vents. Donc « on croise les doigts » quand même.