L’ambroisie coûte 40 millions d’euros par an (3 mn 30)

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Au détour d’une réponse ministérielle au Sénat, on apprend que cette espèce invasive allergisante coûte en frais médicaux… deux fois le budget que l’Etat consacre aux réserves naturelles régionales ! Quant à la berce du Caucase, autre espèce invasive, elle fait l’objet d’un rapport alarmant de l’ANSES.

Les ambroisies à feuilles d’armoise, trifide et à épis lisses, sont des plantes à pollen hautement allergisant et dont l’impact sanitaire est important en France et plus particulièrement en Auvergne-Rhône-Alpes, région où, en 2017, plus de 600 000 personnes ont bénéficié de soins remboursés en lien avec l’allergie à l’ambroisie, pour un coût global de 40 millions d’euros, selon les données de l’Observatoire régional de santé. Afin d’organiser la prévention et la lutte contre des espèces nuisibles à la santé humaine telles que les ambroisies, la loi de modernisation du système de santé a créé un chapitre intitulé « Lutte contre les espèces végétales et animales nuisibles à la santé humaine » dans le code de la santé publique. Ce chapitre mentionne ces trois ambroisies comme espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine, ainsi que les mesures à mettre en œuvre contre ces espèces aux échelles nationale et locale. Localement, il est prévu que le préfet de département détermine par arrêté les modalités d’application des mesures qui sont de nature à prévenir l’apparition de ces espèces ou à lutter contre leur prolifération. Il s’agit par exemple de la surveillance de ces espèces et de l’information du public et des acteurs concernés, dont les référents territoriaux. Ces derniers, désignés par les maires ont vu leur nombre passer de 4 800 en 2017 à 5 800 en 2018. À l’échelon national, l’Observatoire des ambroisies, piloté depuis 2017 par FREDON-France avec le soutien du ministère chargé de la santé via une convention triennale, participe à la valorisation et à la diffusion des connaissances scientifiques relatives aux ambroisies et à leur impact sur la santé et les milieux ainsi qu’au recensement des actions de prévention, de lutte, de formation et d’information menées sur le territoire national et à l’étranger. L’Observatoire des ambroisies mène également des actions en termes de communication et participe à des projets de recherche. 

De son côté, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) s’inquiète des dangers d’une autre plante invasive, la berce du Caucase. Avec ses fleurs blanches regroupées en coupole, la berce du Caucase, très fréquente au bord des routes, ne semble pas bien menaçante. Mais cette plante invasive, qui peut brûler la peau, doit être éradiquée, a recommandé l’ANSES mardi. Cette plante vivace (Heracleum mantegazzianum) qui peut atteindre jusqu’à 4m de haut est inscrite depuis 2017 sur la liste des espèces invasives préoccupantes de l’Union européenne. En France, elle est pour l’instant présente « dans un large quart nord-est et dans les Alpes, selon l’Agence de sécurité sanitaire, saisie par le gouvernement pour évaluer les risques dans le pays. Mais elle progresse régulièrement vers le sud-ouest aux conditions climatiques particulièrement propices à son établissement. Or la berce du Caucase peut provoquer des brûlures causées par le contact avec sa sève, même si les cas semblent peu fréquents en France, selon l’avis de l’ANSES publié mardi. Au delà de ce risque pour la santé humaine, elle a également des impacts importants sur la flore et les sols, envahissant les milieux perturbés par l’homme (bords de routes, prairies abandonnées) et les bords des rivières. L’ANSES recommande ainsi la mise en place d’un système de surveillance pour suivre son expansion et faire un zonage du risque. L’Agence plaide également pour que les méthodes de lutte disponibles soient utilisées pour éradiquer les populations dans les zones jugées prioritaires », c’est-à-dire celles où il y a un risque important de dispersion ou une exposition des populations humaines. Selon les Conservatoires botaniques nationaux, ce végétal originaire du Caucase a été introduit au XIXe siècle en Europe de l’Ouest, dont la France, en s’échappant de jardins botaniques où elle avait été apportée, et en étant distribuée comme plante ornementale dans les parcs et jardins. Après un siècle de « latence », elle est devenue invasive à partir des années 1950-60, précise sa fiche sur le site des Conservatoires. Avec ses tiges qui peuvent atteindre 5 à 10cm de diamètre, ses feuilles qui peuvent faire jusqu’à 3 mètres de longueur et ses ombelles (regroupement des fleurs en coupole) de 80 cm, quand elle colonise un lieu, elle fait de l’ombre aux autres espèces qui ne peuvent plus pousser, Et sa sève contient des toxines « phototoxiques » (qui réagissent lorsqu’elles sont exposées à la lumière) qui peuvent causer des dermites et des lésions apparentées à des brûlures, douloureuses et parfois graves, selon le site.