« Espèce menacée d’extinction » : le loup bientôt déclassé ? (3 mn)

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Alors qu’un loup a été identifié, pour la première fois, en Charente-Maritime, une délégation de l’Association nationale des élus de montagne (ANEM), reçue à l’Elysée, a demandé que le loup soit reclassé d’ « espèce strictement protégée » à « espèce protégée ».

Après avoir rappelé que « l’agropastoralisme est indispensable à l’aménagement du territoire »et que, compte tenu de son expansion tant numérique que géographique, « le loup ne présente manifestement pas le caractère d’une espèce menacée », la délégation a souligné les limites atteintes par la politique de l’Etat en matière de grands prédateurs, plus particulièrement s’agissant du loup et de l’ours. Les élus ont soutenu que ces politiques ne pouvaient plus durer du fait de l’épuisement des éleveurs, de la lourdeur du coût des mesures de protection des troupeaux, de la multiplication des incidents entre chiens de troupeaux et randonneurs et de la menace du retour à l’ensauvagement des prairies d’altitude suite à l’abandon de leur entretien par les éleveurs alpagistes. Concernant le reclassement d’espèce strictement protégée à espèce protégée

Les conseillers du Président de la République et du Premier ministre entendent les élus qui plaident la défense de l’agropastoralisme face aux menaces du prédateur dans la directive Habitats, faune, flore et la convention de Berne, revendiquée par les élus, les représentants du Président et du Premier ministre ont admis que le loup n’est pas une espèce menacée d’extinction, ce qui, à leurs yeux, n’est pas le cas de l’ours. Ils ont reconnu aussi que la Suisse, et plusieurs Etats de l’Union européenne, demandent le reclassement du loup. Les élus ont aussi demandé la confirmation de la fin de toute réintroduction d’ours dans les Pyrénées. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Pendant ce temps, le loup poursuit son expansion territoriale en France : un « grand canidé » aperçu cette semaine en Charente-Maritime a été authentifié comme un loup, une présence qui n’a jamais été recensée dans ce département depuis le retour de l’espèce en France. L’animal a été photographié près de parcelles de vignes à Saint-Thomas-de-Conac dans le sud-ouest de la Charente-Maritime, sur la rive droite de la Gironde, à 85 km au nord de Bordeaux, a indiqué la préfecture dans un communiqué jeudi soir. La photographie a été transmise à l’Office national de la Chasse et de la Faune sauvage (ONCFS), « qui l’a authentifiée comme étant celle d’un loup gris (canis lupus lupus) », précise la préfecture. Elle indique que l’événement « est à rapprocher » de la découverte il y a une quinzaine de jours de brebis mortes sur une ferme de Mortagne-sur-Gironde, à 15 km plus au nord. Ceci, « sans que l’ONCFS soit dans la capacité d’affirmer le lien entre les faits, en raison des délais », précise toutefois la préfecture. L’ONCFS poursuit ses investigations pour déterminer l’origine de l’animal et le localiser, selon la préfecture qui rappelle que le loup « est une espèce protégée ». Selon le réseau « Loup-Lynx » de l’ONCFS, la présence du loup est « occasionnelle » en Nouvelle-Aquitaine et n’a jamais été recensée à ce jour que dans deux secteurs : les Pyrénées-Atlantiques, dans leur partie béarnaise (Est) et la Dordogne, rappelle son dernier bulletin d’octobre. Ailleurs sur la région, « aucune information n’a permis d’attester la présence de l’espèce »,selon l’ONCFS qui dispose d’un maillage territorial d’agents spécialement formés. Depuis son éradication de France dans les années 1930, le loup a fait une réapparition naturelle au début des années 1990, via l’Italie et les Alpes. Selon l’ONCFS, la population de loups était estimée au sortir de l’hiver 2018-2019 à 530 adultes, contre 430 un an plus tôt, avec toujours une concentration dans les Alpes, le Sud-Est et l’Est, mais un front de colonisation qui se déplace. Avec un « seuil de viabilité » de l’espèce considéré comme atteint, et sur fond de recrudescence d’attaques de troupeaux, le gouvernement a relevé en 2019 le pourcentage de loups pouvant être tués.

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