La fragmentation des milieux n’impacte pas nécessairement négativement la biodiversité (1 min)

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Une étude étonnante explique pourquoi la fragmentation des habitats n’est pas forcément mauvaise pour la biodiversité : les impacts négatifs attendus sur la base de ce qui est observé à l’échelle des fragments ne se retrouvent pas à l’échelle du paysage. 

La « sixième extinction de masse » est souvent présentée comme consécutive, entre autres, à la perte et la fragmentation d’habitats. Le morcellement des milieux aurait des impacts négatifs sur la biodiversité à l’échelle des paysages. Mais un consortium d’écologues (Canada, Mexique, Brésil, U.K., USA, France, Australie) vient de montrer dans Biological Conservation que « l’idée d’un effet nécessairement négatif résultait d’un biais méthodologique qui consistait à extrapoler à l’échelle des paysages des résultats obtenus à l’échelle d’un fragment », rapporte le Centre national de la recherche scientifique dans un communiqué. Or, la perte de biodiversité observée à l’échelle des fragments lors du morcellement ne se retrouve pas forcément à l’échelle des paysages. « A cette échelle, l’accroissement de la diversité des habitats, la dilution des risques, les effets de complémentation entre types d’habitats, sont susceptibles de contrecarrer les effets négatifs observés à l’échelle des fragments individuels », parmi lesquels un effet de lisière négatif et le taux d’extinction intra-fragment. Ainsi les mécanismes positifs à l’échelle du paysage, entraînés par la fragmentation, peuvent compenser voir excéder les effets négatifs.

Les scientifiques alertent toutefois sur le fait que ces résultats, qui prennent le contrepied de ce qui est couramment admis, ne doivent pas être interprétés comme un permis de fragmenter : « la perte importante de superficie des habitats naturels reste un facteur considérable d’érosion de la biodiversité. » Leur travail tend à montrer que les fragments, quelle que soit leur taille, contribuent fortement à la préservation de la biodiversité pour les espèces qui ont survécu à la disparition d’habitat. « L’élément déterminant est la quantité totale d’habitat restant à l’échelle du paysage, quantité à laquelle chaque fragment apporte une contribution essentielle. »

L’étude