ONCFS : un réseau pour connaître les effectifs des oiseaux nicheurs et hivernants

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Le réseau « Oiseaux de passage » de l’ONCFS a publié un rapport sur les effectifs de vingt espèces d’oiseaux nicheurs et hivernants de France. Les premiers sont plutôt à la hausse, les seconds, très à la baisse.

Le suivi des populations nicheuses et hivernantes des oiseaux de passage joue un rôle de premier plan en biologie de conservation. Ainsi l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), en partenariat avec la Fédération Nationale des Chasseurs, s’est doté depuis 1996 de sources d’information pérennes à l’échelle nationale pour l’évolution des populations d’oiseaux nicheurs, et depuis 2000 sur celles des oiseaux hivernants : les programmes ACT et Flash de janvier, dirigés par le réseau national « Oiseaux de passage » Le premier évalue les tendances démographiques en France des populations d’oiseaux nicheurs, tandis que le second évalue l’abondance et la répartition des espèces classées « oiseaux de passage » au cours de l’hiver. Tous deux fonctionnent selon la méthode des « points d’écoute », c’est-à-dire un dénombrement des oiseaux vus et/ou entendus au cours d’un intervalle de temps fixe, sur un parcours donné. Des mots d’Yves Ferrand, Chef de l’Unité Avifaune Migratrice à la Direction de la Recherche et de l’Expertise de l’ONCFS, la valeur scientifique de ces programmes repose sur « un protocole robuste, invariable et fiable, une emprise géographique qui recouvre largement l’aire de répartition des espèces concernées et une période de suivi la plus longue possible. »

20 espèces font l’objet d’un suivi par le réseau « Oiseaux de passage », dont 17 espèces nicheuses et 13 hivernantes. Les résultats offrent des perspectives contrastées. Ainsi, chez les nicheurs, une tendance globale à la stabilité ou à l’augmentation des effectifs est constatée. Ainsi un fort accroissement de l’abondance est constaté chez le pigeon ramier (+3,53% par an) et chez la tourterelle turque (+2,91% par an). Mais cette progression se fait au détriment de la tourterelle des bois, qui poursuit le déclin spectaculaire amorcé en 2008, de l’ordre de -1,88% par an. Sur les 17 espèces suivies, 6 connaissent un déclin, dont l’alouette des champs. Ainsi l’indice d’abondance mesuré en 2017 indique la valeur la plus faible enregistrée depuis 1996. Depuis 20 ans, son déclin est de l’ordre de -1,42% par an. Concernant les oiseaux de passage, le rapport est sans appel : 8 espèces sur les 13 suivies connaissent un déclin d’abondance en hiver. Ainsi, depuis 2000, les effectifs de grives mauvis ont chuté de -5,32% par an, tandis que le vanneau huppé enregistre un déclin de -3,74% par an. Chez les hivernants, seul le pigeons ramier, également nicheur, est en augmentation. « Ces connaissances constituent un système de veille de l’état des populations, fondateur des actions de gestion à développer ou non, indique Yves Ferrand. Si elles appellent à l’évidence à mettre en œuvre des travaux de recherches pour comprendre les mécanismes qui les sous-tendent, elles sont aussi, à l’état brut, des éléments essentiels pour nourrir les décisions relatives aux statuts de conservation des espèces. »

Lire le rapport de l’ONCFS