Le braconnage de l’ortolan en sursis

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1969
Bruant Ortolan (Emberiza hortulana).
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Nicolas Hulot s’est engagé à renforcer la lutte contre le braconnage du Bruant ortolan afin de mettre un terme définitif à cette pratique.

Le Bruant ortolan (Emberiza hortulana) est un petit oiseau migrateur protégé depuis 1999 et classé comme espèce en danger sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Le braconnage des ortolans dans les Landes est une pratique traditionnelle qui coûte la vie à environ 30 000 oiseaux protégés chaque année. Des chasseurs capturent vivants les ortolans dans une petite cage métallique (la matole). Ils sont ensuite engraissés et vendus à grand prix pour être consommés par des « gourmets ». Cette pratique fait courir un risque important sur la survie de l’espèce, dont l’habitat est déjà menacé par le dérèglement climatique et l’urbanisation.

Jusqu’alors, seules les actions sur le terrain des associations, comme la SEPANSO Landes et la LPO, permettaient d’identifier et de poursuivre les braconniers, qui agissent avec le soutien d’élus locaux et de responsables de chasse. Une certaine impunité leur est accordée, la police de l’environnement ne verbalisant généralement pas en-dessous de 30 pièges par installation. Toutefois, le 8août, Nicolas Hulot a annoncé sa volonté de faire cesser une bonne fois pour toute cette pratique. « La préservation de la biodiversité est essentielle à l’avenir de notre humanité, a-t-il déclaré dans un communiqué. […] Nous ne réussirons ce défi que si nous commençons par faire respecter les règles que nous nous sommes fixées. La pratique du braconnage des ortolans est illégale, elle doit cesser. » Pour protéger les ortolans, le ministre a donné instruction au préfet des Landes de renforcer toutes les mesures de surveillance, de contrôle et de verbalisation ; et de se montrer intraitable tant à l’égard des braconniers que des intermédiaires qui se livreraient à un trafic lucratif. La décision a probablement été accélérée par le recours formé contre la France par la Commission européenne, devant la Cour de justice de l’Union européenne, pour manquement dans la mise en œuvre de la directive « oiseaux » : une condamnation pourrait conduire à une amende de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Dans un communiqué approuvant la décision de Nicolas Hulot, La LPO a rappelé toutefois que le braconnage n’affecte pas seulement l’ortolan, mais également les Pinsons du nord et Pinsons des arbres, pour lesquels la Fédération départementale des chasseurs des Landes a demandé au Conseil national de protection de la nature une dérogation de capture.