Biodiversité : les programmes des candidats

Photo © F. Chenel-L'Agence Nature

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Les représentants des cinq principaux candidats à la présidentielle ont présenté hier, à la Maison des océans à Paris, leurs projets pour la biodiversité.

Ce « grand oral », organisé par le Conseil d’orientation stratégique de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), animé par Jean-Jacques Fresko de L’Agence Nature, a été l’occasion d’apprendre que François Fillon ne comptait plus supprimer le principe de précaution, mesure qui figurait dans son programme à la primaire. « Il y a eu un changement après des discussions avec l’équipe Fillon », a expliqué le député UDI Bertrand Pancher, son conseiller développement durable.

Pour Benoît Hamon (PS), Yannick Jadot a évoqué l’inscription des biens communs (eau, air, sol) dans la Constitution, la volonté d’augmenter le budget de la recherche à 3% du PIB (contre 2,2%). Dans un échange avec la présidente par intérim de la FNSEA Christiane Lambert, il a prôné « des processus de transition vers le bio à accompagner mais aussi une redevance plus dissuasive quand les agriculteurs n’atteignent pas les objectifs de réduction des pesticides ».

Le député PS Arnaud Leroy, pour Emmanuel Macron, a souligné que le candidat d’En Marche! « a travaillé, et évolué sur la question de la transition écologique ». Sur les pesticides, il interdirait le cumul des fonctions de conseil et vente aux agriculteurs. Mais côté budget, « il faudra essayer de faire mieux avec un peu moins. On s’est engagé à faire des économies, je mentirais en disant que c’est open bar », a-t-il ajouté.

« L’urgence écologique est au sommet des normes », a dit Eric Coquerel au nom de Jean-Luc Mélenchon. « Révolution fiscale », « grand ministère de la Mer », sanctuarisation de l’Arctique, 3% du PIB à la recherche sont au programme de la France insoumise.

Le FN, enfin, est « pour moins de pêche industrielle » et une réforme de la politique agricole, selon le conseiller de Marine Le Pen, Philippe Murer. Le FN pourrait taxer les détergents classiques si les industriels ne se mettaient pas au « bio ».

« Tous les candidats ont compris que la biodiversité, ce ne sont pas les petites fleurs, mais la question de l’agriculture, l’alimentation, la santé, que c’est une question économique, a conclu la directrice de l’association Humanité et biodiversité Sandrine Bélier, à moitié soulagée. Mais aucun n’a pu donner de chiffrage des mesures. (…). On attend de voir », a-t-elle souligné.