Nouveau barrage de Poutès : c’est (enfin) parti

Photo www.nouveau-poutes.fr

1642
⏱ Lecture 2 mn.

Le lancement du chantier en juin 2017 a été entériné

Après 20 ans de combats et de polémiques apparemment sans issue, EDF et les associations de protection de la nature regroupées autour de Loire vivante avaient enfin trouvé, en 2011, un accord sur la reconfiguration du barrage hydro-électrique de Poutès. Mis en service en 1941, cet ouvrage sur l’Allier constitue l’un des principaux obstacles à la remontée des saumons vers les frayères situées en amont, et à la dévalaison des saumons juvéniles (les smolts). En dépit d’aménagements mis en place par EDF en 1986, comme un ascenseur à poissons (l’un des tout premiers de France) ou une glissière de dévalaison, le barrage reste un obstacle majeur au retour du saumon sur la Loire. Dès la fin des années 90, à l’approche de l’échéance de la concession de l’aménagement, un processus de demande de renouvellement s’engage. En effet, l’État a octroyé la concession de l’aménagement par décret à EDF pour une durée de 50 ans, soit de 1956 jusqu’en 2007. Or, le renouvellement de concession et le barrage sont remis en question par des associations environnementales au nom de la préservation du saumon sur l’Allier. La question posée était : maintenir ou supprimer le barrage ?

Les élus et EDF souhaitent alors conserver le barrage avec des améliorations car il apporte des retombées économiques locales et permet une importante production d’énergie. Les associations de défense de l’environnement demandent, quand à elles, le démantèlement total. Un conflit long s’installe entre les différents acteurs et de nombreuses actions s’engagent : manifestations, occupations pacifiques de site, pétitions, etc. Chaque partie prenante campe sur des positions qui semblent alors inconciliables. Aucune solution au conflit ne semble envisageable pendant de nombreuses années. Cette impasse conduit finalement à des contacts entre les associations, les élus et EDF. Chaque acteur du projet va alors décider de faire un pas vers les prémices d’un accord possible avec la volonté commune de trouver une issue à ce conflit. À partir de 2009, sous l’égide de l’État, plusieurs solutions techniques sont proposées et étudiées par l’ensemble des acteurs.

Les solutions techniques proposées doivent respecter un cahier des charges environnemental ambitieux, élaboré par l’ONEMA, qui stipule 3 objectifs : le maintien d’un maximum d’énergie renouvelable, la libre circulation des poissons et le transport naturel des sédiments. L’exigence environnementale structure alors sa conception. En 2011, sur la base de ce cahier des charges, EDF propose un projet de reconfiguration conciliant les enjeux environnementaux et de production d’énergie. Ce projet de nouveau Poutès représente un compromis acceptable par tous : État, associations de protection de l’environnement, EDF et élus locaux. Le 6 octobre 2011, le ministère de l’environnement et du développement durable annonce officiellement la reconfiguration du barrage de Poutès sur les bases du projet proposé par EDF.

Au début de l’été 2016, le lancement alors imminent du chantier est suspendu en raison de doutes sur l’équilibre économique du nouvel aménagement, qui nécessite de nouvelles études. Cet ultime obstacle a été levé le 8 février à l’occasion du comité de suivi du projet Nouveau Poutès. Les travaux démarreront en juin.