Notre-Dame-des-Landes : Bruxelles approuve ; les candidats prennent parti

1468
⏱ Lecture 2 mn.

La Commission européenne a levé la mise en demeure de la France sur le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Marine Le Pen et Emmanuel Macron se déclarent tous les deux plutôt en faveur de la nouvelle infrastructure.

Les opposants au projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes voient rouge : jeudi 27 Avril, la Commission Européenne n’a pas donné suite à la procédure d’infraction à la réglementation européenne ouverte contre la France en 2014. Bruxelles avait motivé cette mise en demeure par le manquement à l’obligation d’évaluer les impacts cumulés sur l’environnement des chantiers et des infrastructures relatifs à l’aéroport. En réponse la France a intégré au schéma de cohérence territoriale (Scot) de la métropole Nantes-Saint Nazaire, qui fixe l’aménagement du territoire devant accueillir l’aéroport, un document synthétisant la prise en compte de ces conséquences environnementales. La Commission européenne a jugé satisfaisante la réponse des autorités françaises et a classé l’infraction, faisant ainsi tomber un obstacle supplémentaire à la réalisation de la nouvelle structure.

Françoise Verchère, du Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport (CéDpa), dénonce une décision fondée sur un document incomplet : « Le SCOT ne présente en rien les impacts environnementaux des différents projets, puisque bon nombre d’entre eux, comme la ligne à grande vitesse Nantes-Rennes, n’ont même pas de tracé. Il ne peut donc y avoir d’évaluation globale », explique la porte-parole de CéDpa, qui a déposé un recours contre le Scot en Décembre 2016. De son côté, la Confédération paysanne de Loire-Atlantique a également déposé un recours devant le tribunal administratif de Nantes en Février 2017, épinglant le manque d’informations sur les impacts fonciers de l’aéroport : elle craint que le schéma ne permette pas de limiter la consommation d’espaces agricoles.

Dans cette période d’entre-deux tours électoral, l’attention est rivée sur les deux candidats en lice, Marine le Pen (Front National) et Emmanuel Macron (En Marche !), qui se sont également exprimés sur le devenir du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Aux questions de l’astrophysicien Hubert Reeves, Marine le Pen a répondu en dénonçant le « non-sens écologique » de l’infrastructure, qui « va détruire 8 km2 de zones humides de grande valeur et fera déménager de nombreux agriculteurs sur une zone de bocage de 20 km2. » Pourtant, la candidate d’extrême-droite a affirmé qu’elle ne reviendrait pas sur l’autorisation de construction « par respect de la démocratie, démocratie locale en l’espèce », faisant allusion au référendum de 2016 pour lequel une majorité de personnes s’est déclarée en faveur de la réalisation de l’aéroport.

De son côté, Emmanuel Macron entretient une confusion sur sa position quant à Notre-Dame-des-Landes, déclarant à la fois au WWF que « c’est un projet à revoir en étudiant les alternatives », et lors de « L’Émission politique » de France 2 qu’« il y a eu un vote. Mon souhait est de le respecter et de faire l’aéroport ». Une contradiction dont il semble avoir voulu opérer la synthèse face à l’Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes (ACIPA), en expliquant qu’il récréerait « les conditions d’un débat responsable et d’une décision prenant en compte toutes les dimensions du choix. »