Punition collective

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« Passons tous en mode canicule ».

Sans blague… Nous aurions donc un autre choix ? Bon, il faut être honnête : la campagne de prévention actuellement martelée par Santé Publique France ne se limite pas à ce slogan ultra-mobilisateur. Elle nous recommande aussi de boire de l’eau, et de rester au frais. Des fois qu’on n’y aurait pas pensé.

Pour ne pas être en reste, le Méprisant de la République y va de ses injonctions paternalistes : « Veillons les uns sur les autres. Soyons collectivement attentifs à nos aînés, à nos enfants et aux personnes isolées ou fragiles ». Et dire, là encore, qu’on avait failli oublier…

Pendant ce temps, de Bardella à Retailleau, l’extrême-droite et sa banlieue ne trouvent rien de plus urgent que de remplir des arènes climatisées pour y vomir inlassablement leur haine des immigrés. Quelqu’un se dévouera-t-il pour leur expliquer gentiment que non, les migrants subsahariens n’ont pas apporté leur climat avec eux, et que la canicule actuelle n’est pas la première manifestation d’un grand remplacement météorologique ?

De son côté le ministre du logement -un certain Vincent Jeanbrun- convoque la presse toutes affaires cessantes pour annoncer un train de mesures d’adaptation du parc immobilier… toutes plus ou moins déjà décidées et votées, mais jamais appliquées ni, surtout, financées.

Dans tout ce verbiage indigeste pas un mot, pas un, sur l’urgence de la bifurcation écologique radicale que nos sociétés doivent entreprendre si elles veulent espérer survivre. Dans le discours politique, l’expression « écologie punitive » est devenue un pléonasme, utile repoussoir où se réfugie le déni de la gravité de la bascule climatique et de l’effondrement de la biodiversité.

Au nom du refus de l’ « écologie punitive », on démantèle ce qu’il reste du droit de l’environnement, on récuse toute mesure de désintoxication aux énergies fossiles, toute évolution vers un modèle agricole moins favorable aux dividendes de l’agro-business mais bénéfique pour les paysans et les consommateurs.

La canicule actuelle, cette punition collective de nos couardises collectives, met en évidence ce que nos dirigeants font mine de ne pas voir : ce n’est pas l’écologie qui est punitive. C’est son absence.