Au Brésil, des bénévoles au secours des animaux du Pantanal en feu

Photo d'illustration © Daniel Zuflucht de Pixabay

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Le Pantanal est ravagé par les flammes. Reconnu comme réserve de la biosphère par l’UNESCO, le Pantanal est la plus grande zone humide de la planète. À cheval entre le Brésil, la Bolivie et le Paraguay, l’écorégion abrite 656 espèces d’oiseaux, 159 de mammifères, 325 de poissons, plus de 150 reptiles et amphibiens et 3 500 espèces de plantes. Le jaguar, le plus gros félin du continent est en danger d’extinction.

Cela fait plus d’une semaine que les flammes ont atteint le Parc naturel Encontro das Aguas. Plus de 85% des 109.000 hectares de cette zone protégée où vivent au moins 150 jaguars sont déjà partis en fumé. C’est dans ce sanctuaire de biodiversité que l’on trouve la plus grande concentration au monde de jaguar. Des bénévoles tentent au mieux de sauver les félins blessés : « Notre objectif est de limiter au maximum l’impact du feu, en laissant de l’eau et de la nourriture à leur portée et en parcourant le fleuve pour trouver des animaux blessés » explique la bénévole et guide touristique Eduarda Fernandes à l’AFP.

Une équipe de bénévoles parcourt le parc sur les eaux, à la recherche des jaguars blessés. D’autres bénévoles passent par les terres. Cette équipe va déposer dans 70 lieux précis identifiés par GPS des rations d’eau et de fruits dans les mangeoires destinées aux animaux n’ayant plus rien à manger à cause des incendies. « Le feu en soi est déjà un grave problème, mais la faim et la soif dont souffrent ensuite les animaux est tout aussi problématique« , déplore un bénévole et étudiant vétérinaire.

Comme la plupart des espaces naturels, le Pantanal est soumis à de nombreuses menaces apportées par l’Homme : expansion de l’agriculture près des rivières (pesticides), projets d’infrastructures (centrales hydro-électriques), déforestation et surtout, actuellement, les incendies. Ils sont particulièrement dévastateurs ces derniers mois, alors que le Pantanal est plongé dans sa pire sécheresse depuis plus de 47 ans, avec des précipitations deux fois moins importantes que prévues de janvier à mai. « La nature est forte et peut reprendre vie, même ici, où tout semble avoir brûlé. Mais malheureusement, ça peut prendre beaucoup de temps. Et sans nourriture, les animaux ne peuvent attendre » raconte Lucia Guimaraes, vétérinaire de 41 ans à l’AFP.