Greenpeace et les Seychelles pour la protection des océans (2 min)

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Greenpeace a publié une feuille de route sur la façon de protéger 30% des océans d’ici 2030. Dans le même temps, à 120 m de profondeur, le président des Seychelles a plaidé pour la protection des océans.

Alors que les Etats membres des Nations unies sont réunis à New York dans le cadre de négociations en vue d’un traité mondial sur la haute mer (un milieu représentant près de la moitié de la planète), l’ONG Greenpeace a publié un rapport intitulé « 30×30 – Feuille de route pour la protection des océans », dans lequel elle explique comment il serait possible de protéger 30% des océans d’ici 2030. Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs « ont divisé la haute mer (…) en 25.000 ‘carrés’ de 100 km de côté, puis cartographié la répartition de 458 critères de conservation (espèces, habitats, caractéristiques océanographiques, etc.), générant ainsi des centaines de scénarios possibles pour la création d’un réseau mondial de réserves marines, au sein duquel les activités humaines destructrices seraient interdites », indique Greenpeace.

De nombreuses données biologiques, océanographiques, biogéographiques et socioéconomiques ont été prises en compte, telles que la répartition des requins, des baleines, des monts sous-marins, des fosses abyssales, des cheminées hydrothermales, des fronts océaniques, des upwellings, des zones biogéographiques, des pressions exercées par la pêche commerciale, des concessions minières, etc. Le processus de création d’un réseau d’aires protégées vise à renforcer la résilience aux changements environnementaux grâce à « l’adoption d’une stratégie de minimisation des risques pour la sélection des habitats ; une vaste couverture des océans favorisant la connectivité et la création de refuges de dernier recours ; et l’utilisation des données relatives à la température de la surface de la mer (TSM) afin de recenser les endroits susceptibles de changer plus lentement ou de mieux s’adapter au stress engendré par la hausse des températures », résume l’ONG dans une note.

Dans le même temps, le président des Seychelles Danny Faure a plaidé dimanche 14 avril en faveur de la protection des océans, estimant que l’humanité « est à cours d’excuses et de temps », s’exprimant depuis un submersible par plus de 120 mètres dans l’océan Indien. « Ce problème est plus grave que tout et nous ne pouvons pas attendre que la prochaine génération le résolve. Nous sommes à court d’excuses pour agir et nous manquons de temps », a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. Le président des Seychelles, très engagé dans la défense de l’environnement, se trouvait à bord du navire Ocean Zephyr de la mission scientifique « Nekton Deep Ocean Exploration », qui effectue des recherches à plus de 500 mètres sous l’eau. Le chef de l’Etat a indiqué qu’à la profondeur de 124 mètres, « il pouvait voir non seulement l’incroyable beauté de notre océan, mais aussi la nécessité urgente de la conserver. C’est un moment historique pour mon pays, les Seychelles », un archipel de quelque 115 îles, a-t-il souligné. La mission Nekton, appuyée par plus de 40 organisations, passera sept semaines à étudier la vie sous-marine, cartographier le fond de l’océan Indien et poser des capteurs à des profondeurs allant jusqu’à 2.000 mètres dans les eaux seychelloises. Elle a déjà effectué des plongées près de la réserve d’Aldabra, inscrite au patrimoine de l’Unesco. Les Seychelles ont prévu qu’à partir de l’année prochaine, 30% de leur superficie marine serait classée en zone protégée.

Le rapport