Plus le monde se réchauffe, moins les arbres tropicaux vivent longtemps

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Une nouvelle étude démontre que la longévité des arbres diminue lorsque les forêts deviennent plus sèches et lorsque les températures annuelles moyennes sont supérieures à 25,4° Celcius.

Les arbres tropicaux ont une durée de vie plus courte que les arbres d’autres régions du monde, vivant, par exemple, un peu plus de la moitié du temps que les arbres des zones tempérées. Une nouvelle analyse suggère qu’à mesure que le monde se réchauffe, les arbres tropicaux auront une durée de vie encore plus courte, ce qui posera des problèmes pour la biodiversité et les stocks de carbone au niveau mondial.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) suggère que dans les basses terres tropicales chaudes, la longévité des arbres diminue lorsque les forêts deviennent plus sèches et lorsque les températures annuelles moyennes sont supérieures à 25,4° Celsius. Les chercheurs ont examiné les données sur les anneaux de croissance de plus de 100 000 arbres appartenant à 438 espèces et provenant de plus de 3 300 sites dans le monde. Chaque anneaux, à l’intérieur des troncs d’arbres, représente une année de croissance, ce qui permet aux chercheurs d’estimer l’âge des arbres et leur vitesse de croissance. Les auteurs ont utilisé une modélisation statistique pour évaluer la relation entre la croissance et la longévité des arbres et le climat des tropiques, en tenant compte de facteurs susceptibles d’influencer les résultats, tels que la température saisonnière, l’humidité du sol, le type de sol, la couverture nuageuse et l’influence humaine.

Dans une autre étude récemment publiée, menée dans le dôme de la Biosphère 2 Dans une autre étude récente, conduite dans le dôme « Biosphère 2 », dans le désert de l’Arizona, des chercheurs avaient déjà déterminé que la sécheresse, et non la chaleur, était la plus grande menace pour les arbres tropicaux, en simulant des conditions de réchauffement extrêmes pour les forêts tropicales, avec des températures atteignant 40°C. L’équipe avait découvert que les arbres pouvaient encore faire de la photosynthèse à des températures allant jusqu’à 38°C, soit 10°C de plus que la température moyenne actuelle dans les forêts tropicales. Cependant, ils avaient averti sur le fait que le dôme avait maintenu des niveaux d’humidité élevés, alors que le réchauffement des forêts dans des conditions naturelles conduirait à un air plus sec et à une perte d’eau accrue des plantes, accélérant la mort des arbres.

Les températures moyennes dans les tropiques se situent entre 21 et 30°C mais devraient augmenter au cours des 10 à 20 prochaines années, pour atteindre 2,5°C de plus en moyenne que les niveaux préindustriels. Les données de l’Organisation météorologique mondiale montrent que les températures mondiales moyennes entre 2016 et 2020 sont parmi les plus élevées jamais enregistrées. Avec le réchauffement des tropiques, la mort des arbres va probablement s’accélérer dans les forêts amazoniennes, du Pantanal et atlantiques d’Amérique du Sud. Les forêts tropicales abritent environ 50 % de la biodiversité de la Terre et 50 % des stocks de carbone des forêts. La capacité des forêts à capturer et à stocker le carbone dépend de leur santé et de leur longévité. Ainsi, les prévisions de conditions de plus en plus sèches et chaudes dans les tropiques signifient des impacts pour les stocks de carbone mondiaux.

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