Le naturaliste

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Il est des romans linéaires, dont la lecture jamais n’hésite. D’autres, comme celui-ci, tout d’allers et retours.

Ce sont, pour moi, les plus prenants, les plus émouvants, ceux où l’on se perd au point de reprendre des passages entiers, sans même être sûr d’en avoir saisi tout le sens. Ceux qui gardent quelques-uns de leurs mystères, ceux qui nous gardent dans le bonheur de leurs entrelacs…

En 1844, Walter Ash parcourt l’Amazone et le Rio Negro à la découverte d’une nature qui le fascine. A cette époque, ce n’est pas seulement l’observation qui compte, mais la collecte : Walter est notamment passionné par les serpents et les tortues ; son objectif est donc de ramasser de nombreux spécimens du plus grand nombre d’espèces possible.

Vingt-trois ans plus tard, en 1867, il se prépare à effectuer à nouveau le même voyage. Entre temps, sa femme, une indienne d’Amazonie, est morte en donnant naissance à leur fils, Paul. Il s’est remarié avec Iris. Et, peu avant le départ, il meurt accidentellement. Iris décide de mener l’expédition avec Rachel, sa dame de compagnie, et Paul.

Le naturaliste
Alissa York
Editions Liana Levi
344 pages
22,00 €

Le livre raconte ce voyage, Paul retrouvant l’ambiance de son enfance et les souvenirs vécus avec son père, Iris découvrant un monde qui lui est totalement étranger et lui rappelle ce naturaliste de mari qu’elle a tant aimé. Là-bas, la nature est foisonnante, effrayante, dangereuse et si belle. Il n’est cependant pas question de la protéger (nous sommes au milieu du 19ème siècle), mais de collecter des reptiles pour tenter de faire vivre le projet de vivarium qu’avait imaginé Walter.

L’histoire oscille entre le présent du voyage d’Iris et le passé de celui de Walter dont Paul lit, sur place, de nombreux passages du journal. Tout l’intérêt de la lecture est dans ce balancement, d’autant que les trois personnages principaux, leurs accompagnateurs locaux et la nature sont décrits à merveille, dans une langue précise, toute de phrases courtes et d’images marquantes : au bord du fleuve, sur « le sable doux et frais, (nous avons) l’impression de marcher sur un rayon de lune ».

Tel est le sentiment que donne la plongée dans la jungle de ce très beau livre…