« Le Sénat, c’est mieux qu’une expo sur l’Egypte : au moins, les momies y sont encore en activité ! » (Laurent Ruquier). OK, c’est facile. Et méchant (pour les momies). Mais chaque jour qui passe apporte une nouvelle preuve de la totale déconnexion de ces vieillards de tous âges que personne n’a songé à décongeler depuis le dernier âge glaciaire.
Leur dernier exploit a consisté à profiter de la loi dite « d’urgence agricole » pour torpiller ce qu’il reste des instances de concertation locale sur les usages de l’eau. Ils ont commis ce forfait, mollement avachis dans les moelleux fauteuils de leur hémicycle climatisé, au moment précis où, en raison des températures extrêmes qui s’enchainent, cours d’eau et nappes phréatiques atteignent des niveaux critiques : plus de 80 départements sont déjà concernés par des arrêtés limitant les usages de l’eau – les prélèvements agricoles, par exemple. Leur mobile avoué : permettre aux méga-exploitations agricoles industrialisées de s’accaparer une ressource devenue rare en la stockant à leur seul profit dans des bassines pudiquement rebaptisées « retenues saisonnières » ou « retenues collinaires ». Outre que ce hold-up pratiqué sur un bien commun pour favoriser d’importants intérêts privés est en lui-même difficilement justifiable, il est en outre d’une incommensurable stupidité : si l’eau manque pendant les canicules, c’est en grande partie à cause de l’évaporation (et de la transpiration par les plantes). Or quoi de plus propice à l’évaporation que ces piscines découvertes que nulle ombre ne protège ?
Dans le même texte de loi (d’origine gouvernementale, il faut tout de même le rappeler), un article prévoit de faciliter la création d’élevages industriels… alors que la canicule de juin 2026 a provoqué une mortalité exceptionnelle dans les élevages français, particulièrement dans les élevages de volailles. Le dirigeant d’une entreprise d’équarrissage, interrogé par France 3, a évoqué des surmortalités de + 1200 % pour les volailles, + 40 % pour les bovins et + 55 % pour les porcs par rapport à l’an dernier à la même période.
Mais qu’on se rassure : l’élevage de gérontes établi au Palais du Luxembourg a été épargné par cette hécatombe.

