🔻 Un réseau d’aires marines protégées pour préserver les populations de manchots

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Une étude menée par Birdlife International et la British International Survey montre que la mise en place du réseau d’aires marines protégées dans les eaux antarctiques permettrait de renforcer la conservation des habitats des manchots – espèces emblématiques de l’océan austral – de 49 à 100% selon les espèces.

Les eaux Antarctiques sont largement exploitées pour des activités telles que la recherche, le tourisme et la pêche. Cette zone est très convoitée pour le krill, un petit crustacé ressemblant à une crevette, utilisé comme ingrédient dans l’alimentation industrielle des animaux d’élevage et dans l’aquaculture, comme appâts pour la pêche et comme suppléments d’oméga-3 pour la consommation humaine. Le Krill constitue également une source de nourriture essentielle pour de nombreuses espèces de la faune antarctique.

Afin de lutter contre la surpêche mais également contre d’autres pressions liées à l’activité humaine, comme la pollution, un réseau d’Aires Marines Protégées (AMP) a été conçu, permettant ainsi de préserver les populations de la faune sauvage de l’océan Austral. Cependant, tout le réseau n’a pas encore été officiellement approuvé : deux des 26 membres (25 Etats et l’Union Européenne) responsables de la gestion des eaux arctiques s’opposent à ce projet, arguant qu’il n’y aurait pas assez de preuves qu’un réseau d’AMP fonctionnerait.

Une étude menée par BirdLife International et la British International Survey vient apporter des arguments supplémentaires qui permettront peut-être de convaincre ces deux pays réticents. Les chercheurs ont utilisé des données récoltées par une équipe de l’Université d’État de New York, à Stony Brook, pour évaluer le nombre de manchots dans plusieurs zones inaccessibles de l’Antarctique. Ils ont découvert que la population de manchots à jugulaire se reproduisant sur l’île de l’Élephant, dans les îles Shetland du Sud, avait diminué de plus de 50 % ces dernières années, alors que les populations de manchots papou avaient quant à elles augmenté. À partir de ces chiffres révélateurs des zones de présence importantes de manchots, et de celles où les populations sont menacées, Birdlife conclut dans son étude que si le réseau d’AMP était appliqué dans son intégralité, cela permettrait de renforcer la conservation des habitats des manchots de 49 à 100% selon les espèces. Les données montrent également qu’en dépit d’une diminution de la zone d’exploitation de la pêche au krill en Antarctique au cours des cinq dernières décennies, grâce à la création de certaines zones protégées, une quantité disproportionnée de krill est toujours récoltée. Pour lutter contre cette surpêche les scientifiques estiment encore plus nécessaire d’augmenter la surface de conservation en adoptant tous les projets.

Ces preuves de l’importance de mettre en place un réseau solide d’Aires marines protégées seront présentées lors des prochaines réunions de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR), organisme en charge de gérer l’environnement marin de l’Antarctique.

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