Une étude récemment publiée dans la revue Science Advances présente trente ans de données satellitaires sur les perturbations du couvert forestier tropical dans le monde. 220 millions d’hectares auraient été perdus sur les trois dernières décennies.
La déforestation des forêts tropicales mondiales aurait été sous-estimée ces dernières décennies selon une récente étude publiée dans la revue Science Advances. Une équipe de chercheurs du Centre commun de recherche (JRC), du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), du CIFOR (Centre de Recherche Internationale) et de l’INPE (Institut national de recherches spatiales), dévoile trente ans de données satellitaires sur les perturbations du couvert forestier tropical mondial. Les cartes obtenues fournissent des informations annuelles sur la dégradation, la déforestation et la régénération des forêts tropicales humides sur la période 1990-2019. Les scientifiques ont réussi à différencier la dégradation de la déforestation en précisant les causes : agriculture, exploitation forestière ou feux de forêt.
« L’étude révèle que la déforestation a été largement sous-estimée par les précédents travaux en particulier sur le continent africain », explique le Cirad dans un communiqué. « En Afrique, la déforestation associée à l’agriculture sur brûlis est de type mosaïque, affectant des surfaces de forêts petites, mais multiples, ce qui la rend plus difficile à détecter par satellite ». Sur le plan mondial, 17% des forêts tropicales humides ont disparu au profit de l’agriculture et d’autres utilisation des terres depuis 1990. Les données récoltées révèlent qu’en 2020, il ne restait que 1 070 millions d’hectares de forêt tropicale humide dans le monde contre 1 290 millions d’hectares en 1990. Le document souligne que les forêts tropicales qui subsistent sont très dégradées. « La dégradation des forêts tropicales, qui est caractérisée par une perte ponctuelle du couvert forestier, est associée majoritairement à l’exploitation de bois, aux feux de faible ampleur et aux perturbations naturelles comme les tempêtes », indique le Cirad. L’étude ajoute que sur 1 070 millions d’hectares de forêt tropicale humide en 2020, 10 % sont des forêts dégradées qui ont une forte probabilité d’être coupées dans un futur proche.


