🔻 Analyser les oiseaux marins arctiques pour déterminer les sources de mercure

Photo d'illustration ©Michael Haferkamp - Wikimedia

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Les oiseaux marins, exposés à des concentrations de mercure alarmantes dans l’Océan Arctique ont fait l’objet d’une étude d’un groupe de scientifiques. Les résultats, publiés dans Environnemental Science & Technology ont pour but de tracer les sources de mercures à large échelle spatiale.

Les milieux marins arctiques et subarctiques sont fortement menacés par des polluants globaux issus d’émissions industrielles, comme le mercure. Ce dernier est transporté par voie atmosphérique et par les courants océaniques. Il induit des risques importants pour la santé, en particulier sous la forme de méthylmercure. Il s’agit d’un neurotoxique puissant majoritairement assimilé par la consommation de proies marines. Les prédateurs marins et les humains peuvent ainsi être directement touchés par les effets du méthylmercure. Afin de tracer les sources du mercure en zone arctique, des scientifiques ont mis en œuvre un suivi spatial d’oiseaux marins, qui se nourrissent d’organismes contenant du mercure, et ont analysé leurs tissus.

Les résultats publiés dans la revue Environmental Science & Technology montrent que les habitats d’alimentation et les mouvements migratoires des oiseaux marins déterminent fortement leur exposition à des sources de méthylmercure différentes dans les écosystèmes marins arctiques et subarctique. Les chercheurs ont concentré leurs recherches de la côte est du Canada à la mer de Barents. Ils ont étudié cinq populations de mergules nains, dont les mouvements migratoires et les sites d’hivernage sont spécifiques à chaque colonie.

L’étude révèle que les populations qui migrent dans les régions de l’est (côte canadiennes, sud du Groenland), présentent des concentrations de mercure plus élevées que celles des zones de l’ouest (mer de Barents, mer de Norvège). Les scientifiques notent également que les sources de mercure seraient différentes entre les régions de l’ouest de l’Atlantique Nord et de l’est de l’Arctique. Elles seraient susceptibles d’être dues à l’interaction des paramètres océanographiques et physiques dans ces écosystèmes dynamiques.

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