🔻 Comment les feux d’aujourd’hui contribuent-ils à forger la biodiversité de demain ?

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Un article publié dans Science revient sur le rôle du feu dans l’évolution de la biodiversité. Les auteurs examinent comment les changements dans l’origine des feux menacent les espèces en voie d’extinction et transforment les écosystèmes terrestres.

Un nouvel article paru dans Science revient sur le rôle du feu dans l’évolution de la biodiversité. Ce facteur dit « naturel » qui « façonne de nombreuses communautés écologiques », a été exacerbé par les activités humaines, ce qui aujourd’hui affecte les écosystèmes et habitats qui n’avaient encore jamais été exposés ou adaptés au feu. Ils examinent également les mesures qui pourraient être prises par les défenseurs de la nature et les décideurs politiques pour aider à maintenir la biodiversité à une époque où l’activité des incendies est en pleine évolution.

L’homme utilise le feu pour modifier l’environnement depuis des milliers d’années. Seulement, « les activités humaines modifient aujourd’hui les régimes de feu à l’échelle mondiale, au détriment de la société humaine, de la biodiversité et des écosystèmes. Ces changements posent un défi mondial pour comprendre comment maintenir la biodiversité dans une nouvelle ère du feu. » souligne l’article publié dans Science. Il montre les interactions avec les facteurs anthropiques notamment le changement climatique, l’utilisation des terres et les invasions biotiques. Toutes ces interactions transforment l’activité du feu et ses impacts sur la biodiversité. De nombreuses espèces sont menacées par une augmentation de la fréquence ou de l’intensité des incendies. Les auteurs soulignent cependant qu’exclure le feu des écosystèmes peut être préjudiciable. Ils expliquent qu’il est important d’utiliser les données relatives aux incendies et à la biodiversité et de les relier aux prévisions qui concernent notamment la sécheresse, les plantes envahissantes et la croissance urbaine. Le fait d’établir des liens entre ces facteurs permettrait d’entreprendre de nouvelles actions dans la gestion des incendies.

Parmi les nouvelles actions mentionnées dans l’article figurent la réintroduction de mammifères qui réduisent les combustibles, les coupe-feux verts composés de plantes peu inflammables, la stratégie consistant à laisser les feux de forêt brûler dans de bonnes conditions, la gestion de l’évolution des populations à l’aide de nouveaux outils de génomique et le déploiement d’équipes de réaction rapide pour protéger les biens de la biodiversité. Selon les auteurs, la gestion indigène du feu et le rétablissement du brûlage culturel dans un contexte moderne amélioreront la biodiversité et le bien-être humain dans de nombreuses régions du monde. Parallèlement, les efforts internationaux visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre leur semble essentiels pour réduire le risque d’incendies extrêmes qui contribuent au déclin de la biodiversité.

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