Les modifications des écosystèmes stimulent les zoonoses (1 min 30)

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Une synthèse de la FRB fait l’état des lieux des connaissances sur le rôle des bouleversements écosystémiques d’origine anthropiques sur les épidémies de zoonoses.

La Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) a publié la synthèse d’un article scientifique : « Modification des écosystèmes et zoonoses dans l’Anthropocène », qui relate comment les transformations subies par les écosystèmes sous l’influence de l’homme jouent un rôle dans les processus et les dynamiques impliqués dans les épidémies de zoonoses, c’est-à-dire les maladies transmises des animaux à l’homme. Ainsi « la déforestation est une source fréquente et bien connue d’émergence de zoonoses en provenance des animaux sauvages », explique la synthèse, en citant les cas célèbres d’Ebola et du VIH, des virus dont les singes étaient initialement des hôtes primaires ou secondaires, et qui ont été passés in fine à l’homme lors d’interactions provoquées par la perte d’habitat des primates. De même, « la conversion de terres pour l’agriculture ou son intensification modifie les milieux et peuvent entraîner une augmentation de la transmission des zoonoses », comme l’ont montrés les virus Nipah et du Nil occidental. La synthèse explique encore que « les barrages et les infrastructures d’irrigation sont responsables de l’apparition de certaines zoonoses », invoquant le risque accru de schistosomiase dans certaines régions d’Afrique, les barrages participant à la création d’habitats favorables à l’hôte intermédiaire du parasite, et bloquant la migration du serpent prédateurs de ces hôtes intermédiaires. De leur côté, « les modifications des populations animales influent sur la dynamique des infections zoonotiques » : ainsi, en Suède, la décroissance des populations de chevreuils s’est accompagnée d’une croissance de l’encéphalite à tiques, du fait que ces arachnides se seraient tournés vers les campagnols, alors en pic de population.

La synthèse résume les conclusions de l’étude pour la gestion du risque zoonotique. « Les stratégies d’intervention doivent prendre en compte les contraintes nouvelles liées aux changements environnementaux modifiant les dynamiques des infections ». Ainsi, les grands projets impliquant des changements de paysage à grande échelle incluant le risque zoonotique (modification des terres agricoles, déforestation, etc) devraient voir leur impact écologique et sanitaire extensivement évalué. « De plus, l’interconnexion des humains, du bétail et de la faune représente un aspect clé pour de nombreux défis globaux auxquels nous faisons face. » Enfin, « la gestion efficace des zoonoses dépend aussi de l’avancée des connaissances et notamment des facteurs clés à l’origine de l’émergence de la maladie. Des données d’expériences de terrain et de laboratoire modélisant le mieux possible la complexité de ces épidémies sont indispensables. »

La synthèse