Ebola : les chauve-souris sur la sellette, les singes (presque) dédouanés (1 min 30)

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Deux études menées sur des milliers d’animaux en Afrique apportent de nouvelles informations sur les rôles respectifs des singes et des chauves-souris dans la transmission du virus Ebola à l’homme.

Dans un effort de lutte accru pour comprendre l’origine des épidémies d’ Ebola en Afrique, deux vastes études menées sur des milliers d’animaux africains ont cherché à mieux cibler les réservoirs du virus. L’importance des grands singes (Chimpanzés et gorilles) et des chauves-souris comme vecteurs de transmission a été étudiée : les premiers ont constitué le point de départ de plusieurs épidémies au Gabon et en République Démocratique du Congo (RDC) et développent eux-mêmes la maladie. Les seconds sont aussi envisagés comme réservoir potentiel mais ne sont pas affectés par Ebola. Martine Peeters et Ahidjo Ayouba, tous deux virologues à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), se sont lancés dans « une vaste quête : détecter des signes de présence, ou de contact avec le virus, dans le sang, ou les selles, de primates non humains et de chiroptères », détaille l’IRD dans un communiqué. Le sang de 4022 chauves-souris, appartenant à plusieurs espèces et réparties en 21 sites représentatifs des différents environnements écologiques (champs, villages, villes), a ainsi été prélevé en Guinée, en RDC et au Cameroun entre 2015 et 2017, puis testé avec des antigènes de plusieurs espèces du virus Ebola. « S’il y avait réactivité, cela indiquait la présence d’anticorps, et donc que l’animal avait été en contact avec le virus ou un virus de la même famille. » Même méthodologie pour les primates, qui a conduit à la collecte de 4649 échantillons appartenant à 36 espèces, dont 2327 de grands singes. Les résultats mettent au moins huit espèces de chauves-souris sur la sellette : « Certaines, largement répandues sur le continent–comme Eidelon helvum, Hypsygnatus monstruosus, – ont même montré des preuves de contacts avec deux espèces du virus Ebola, Zaïre et Soudan  », précisent les chercheurs. Les primates, à l’inverse, ont offert peu de signes de contact, à l’exception d’un singe de la famille des Cercopithèques, et les grands singes n’ont montré aucun anticorps réactif. « Cela conforte donc l’hypothèse que ces derniers sont seulement des hôtes intermédiaires du virus, et non les réservoirs. Les preuves se multiplient ainsi pour assigner un rôle aux chauves-souris. »

La première étude 

La seconde étude