Des travaux d’excavation dans une zone viticole de la Réserve naturelle nationale de la plaine des Maures (Var) ont été sanctionnés par des amendes allant de 3.000 à 10.000 euros par le tribunal de Draguignan, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.
La société Arcs Terrassement et son représentant se sont vus infligés une amende de respectivement 10.000 et 3.000 euros pour « exploitation irrégulière de matériaux dans une réserve naturelle » en 2017 à La Garde-Freinet. Le préjudice environnemental n’a pas été retenu. Un troisième prévenu a également été condamné à 8.000 euros d’amende par le tribunal qui a prononcé trois relaxes dans ce dossier, emblématique des atteintes à l’habitat de la tortue d’Hermann dans cette réserve, sous la pression notamment des domaines viticoles.
Le tribunal a retenu 5.000 euros pour le préjudice moral mais débouté la Réserve du préjudice environnemental évalué à 1,7 million d’euros sur la base d’une estimation des profits de la vente des blocs de roche enlevés pour aplanir le terrain. Partie civile, le département du Var a indiqué qu’il n’avait pas fait appel.
« Ne pas parler de remise en état et de préjudice environnemental dans une aire protégée quand il y a un hectare détruit paraît paradoxal, c’est un peu la porte ouverte à tous les aménageurs, a estimé auprès de l’AFP Sébastien Caron, responsable conservation au Village des Tortues à Carnoules. La tortue d’Hermann est une espèce parapluie, présente dans le Var et en Corse. Si on y fait attention, elle bénéficie aux autres espèces », a-t-il souligné rappelant qu’en théorie, la destruction d’habitat d’une espèce protégée est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et 150.000 euros d’amende. En mars et avril, des affaires similaires doivent être jugées à Draguignan mettant aux prises des domaines classés en AOC Côte de Provence, dont le très sélect Château de Berne. Cette association et France Nature Environnement Paca se sont portées partie civile.


