🔻 Montagne d’or : le retour ? 

Photo d'illustration © Hans Braxmeier de Pixabay

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Le rapporteur public du tribunal administratif de Cayenne a proposé jeudi 3 décembre « l’annulation » de deux refus implicites du gouvernement de renouveler deux concessions détenues par la compagnie minière Montagne d’or (CMO), clés de voûte du projet minier controversé Montagne d’or en Guyane, a constaté l’AFP.

Le rapporteur a pointé du doigt la « faiblesse » des « convictions » de l’État, qui avait suspendu le projet minier controversé Montagne d’or en 2019. La Compagnie Montagne d’or, qui avait demandé la prolongation pour 25 ans de ces concessions, avait déposé un recours devant le tribunal administratif. S’appuyant sur le dépassement du délai réglementaire d’instruction de deux ans, le ministère de l’Économie avait implicitement rejeté le renouvellement des concessions, portant alors juridiquement un coup d’arrêt au plus grand projet d’extraction d’or primaire jamais proposé en France, porté par le consortium russo-canadien Nordgold Columbus Gold, dont l’actionnaire majoritaire est le milliardaire russe, Alexei Mordachov.

Le rapporteur public a aussi requis le « réexamen » de la demande de renouvellement minier par l’administration dans un « délai de six mois« . Le tribunal administratif rendra sa décision le 24 décembre. Les concessions (d’une surface de 40 km2) sont situées dans les communes de Saint-Laurent du Maroni et Apatou, en pleine forêt, entre deux réserves à haute valeur de biodiversité. CMO y envisage l’exploitation et le traitement par cyanuration en circuit fermé d’un gisement de 85 tonnes d’or. « On nous refuse le renouvellement d’un titre mais on ne sait pas pourquoi. Le vrai fond du problème c’est la décision prise dans ce Conseil de défense où on a indiqué que le projet ne se fera pas« , s’est exclamé devant la cour l’avocat des industriels, M. Malik Memlouk.

L’avocat faisait référence au premier Conseil de défense écologique de mai 2019, à l’issue duquel le gouvernement annonçait son opposition au projet « en l’état » car « incompatible avec les exigences de protection de l’environnement« . Pour le rapporteur public, la « faiblesse » et l’absence de « pertinence » de l’État – non représenté à l’audience – pour justifier son refus est un « point difficile du dossier » qui n’est « pas à l’avantage de l’administration« . « Comment un tel amateurisme de la part de l’État est-il possible ? C’est intolérable« , s’est agacé à l’issue de l’audience un porte-parole de Or de question, collectif  opposé aux mines d’or industrielles. « Derrière CMO, c’est toute la filière minière qui se met en jeu en Guyane. L’État a-t-il intérêt à plomber ce projet ?« , s’est interrogé le collectif. Contacté, le ministère de la Transition écologique n’était pas en mesure de répondre jeudi 3 décembre au soir.