Glyphosate : la France dit non

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Conformément à ses positions antérieures, la France s’opposera à la proposition de la Commission européenne de renouveler pour dix ans la licence du glyphosate, herbicide controversé le plus répandu dans l’Union européenne (UE).

Le suspense durait depuis l’entrée en fonction du gouvernement d’Edouard Philippe. Il a pris fin mercredi 30 août : le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a fait savoir que la France votera contre le renouvellement de la licence de l’herbicide produit par la firme Monsanto. Le ministère français justifie cette position par «les  incertitudes qui demeurent sur sa dangerosité », montrant par là la défiance que lui inspire les avis rendus par les agences européennes des produits chimiques (ECHA) et de la sécurité des aliments (EFSA), contradictoires avec les conclusions du Centre international de recherche sur le cancer, dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui classait le glyphosate parmi les cancérigènes probables. Plus récemment, un rapport de l’ONG Global 2000 avec le soutien de PAN Europe, rédigé par le toxicologue allemand Dr Peter Clausing, démontrait comment les agences d’évaluation de l’UE ont ignoré 7 des 12 études disponibles sur la souris et le rat montrant des augmentations significatives de tumeurs sous l’influence du glyphosate au moyen d’arguments hautement discutables – en violation claire des directives en vigueur. L’ONG Générations futures, à la pointe du combat contre le glyphosate (agent actif du célèbre Roundup), s’est félicitée de l’annonce de cette position française : «  Nicolas Hulot, ministre de l’Ecologie, vient de déclarer que « la France votera contre le renouvellement de l’autorisation du glyphosate». Générations Futures se réjouit de la position ambitieuse de la France sur ce sujet. » déclare François Veillerette, porte-parole de l’ONG. « Un vote devrait se tenir les 5 ou 6 octobre prochain. La date d’expiration de l’autorisation provisoire accordée par la Commission étant le 15 décembre prochain. Il va donc falloir que d’ici là le gouvernement français réussisse à convaincre d’autres Etats membres de le rejoindre sur cette position. Les citoyens européens et les ONG comptent sur lui pour montrer la voie !  ». conclut-il.