« Gel prolongé » : comment l’OFB préserve les oiseaux du froid

Photo d'illustration ©Ktine01 de Pixabay

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Une cellule « Gel prolongé » pilotée par l’Office français de la biodiversité (OFB) permet d’anticiper les vague de froid et par conséquent prendre des mesures rapides afin de protéger les oiseaux.

Depuis le 8 février, une vague de froid a atteint le nord de la France. Le froid et les périodes de gel prolongé affaiblissent  certaines espèces d’oiseaux, particulièrement celles qui se nourrissent dans les plans d’eau. « À cause du gel, la nourriture est beaucoup moins accessible et ils épuisent leurs réserves énergétiques pour maintenir leur chaleur corporelle. Durant une vague de froid, l’espérance de vie moyenne d’une bécasse des bois serait seulement de 6,5 jours », indique l’Office français de la biodiversité (OFB) dans un communiqué, en se basant sur une étude de Boos et Al. datant de 2005.

Pour surveiller ces épisodes de froid qui affectent les oiseaux, l’OFB pilote la cellule « Gel prolongé ». Elle assure une veille météorologique quotidienne afin d’évaluer le risque de gel prolongé sur les sept prochains jours. « Si pendant deux jours, les températures sont inférieures à -5°C sans dégel la nuit et que ces conditions sont prévues de durer au moins 5 jours de plus, des mesures spécifiques peuvent être mises en œuvre, par exemple la suspension de la chasse. »

Des observations de terrains coordonnées par la Délégation région de l’OFB sont également mises en place sur des sites de référence de chaque région. Ces opérations permettent :

  • de recueillir des données sur les comportements et les effectifs des oiseaux (canards, bécasse, grives, …)
  • de dresser un bilan des cas de mortalité,
  • d’établir un diagnostic de l’état physique des oiseaux par des pesées,
  • d’analyser les conditions du milieu et les données climatiques.

Certaines mesures ont été mises en place pour limiter la chasse aux oiseaux particulièrement vulnérables en cette période. Le préfet du Nord a ainsi suspendu la chasse à la bécasse à partir du 12 février et une suspension a également été demandée dans le Pas-de-Calais dès le mardi 9 février par la Fédération Départementale des Chasseurs et est entrée en vigueur le lendemain. « Les perspectives de redoux à 3 jours ne remplissent pas les conditions suffisantes pour déclencher l’alerte « gel prolongé » au niveau national », précise l’OFB. « En fonction de l’évolution des conditions météorologiques, des bagueurs pourront être sollicités pour évaluer la condition corporelle des oiseaux. Un poids inférieur à 270 grammes est signe de mauvaise condition physique. »