Un nouveau rapport publié dans Marine Policy souligne l’importance de créer une zone marine protégée en haute mer, dans l’un des points chauds de la biodiversité : les chaînes de montagnes sous-marine de Salas y Gomez et de Nazca, au large du Pérou et du Chili.
Dans les eaux internationales au large des côtes du Pérou et du Chili, se dressent des chaînes de montagnes sous-marines qui s’étendent sur 2 900 kilomètres. Les dorsales de Salas y Gomez et de Nazca constituent un habitat et des voies de migration essentielles pour la faune marine notamment les baleines, les tortues luth, les coraux et des centaines d’autres espèces. 82 espèces menacées ou en voie de disparition vivent actuellement dans ces hauts. D’après le rapport publié dans Marine Policy, les eaux entourant les crêtes se trouvent pour la plupart dans des zones situées au-delà de la juridiction nationale avec seulement quelques petites portions se trouvant dans les eaux nationales du Chili et du Pérou.
Le rapport explique que dans cette région, le Chili a déjà protégé toute la zone relevant de sa juridiction. Le Pérou quant à lui, évalue une proposition qui protégerait les fonds marins qui se trouvent sur son territoire. Malgré ces efforts de conservation, 73 % des dorsales de Salas y Gomez et de Nazca ne sont pas protégées et sont même menacées par plusieurs facteurs de stress comme le changement climatique, la pollution par le plastique, la surpêche et l’exploitation minière en eaux profondes qui risque de se produire à l’avenir. Le document co-rédigé par 27 experts dans le domaine des sciences, des politiques et du droit océaniques souligne l’importance de créer une zone marine protégée en haute-mer, dans ce point chaud de la biodiversité.
L’étude fournit une synthèse des travaux scientifiques estimés « pertinents » qui ont été menés sur les dorsales de Salas y Gomez et de Nazca. Le document examine par ailleurs les actions que pourraient mettre en place les organisations présentent sur place comme l’Organisation régionale de gestion des pêches du Pacifique Sud. Il va également mentionné ce que pourrait apporter l’instrument international juridiquement contraignant portant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale qui est en train d’émerger. Cet instrument a été élaboré lors de la conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, organisée par les Nations Unies. Il servirait notamment à mettre en place un soutien mondial, une reconnaissance universelle et une gestion plus complète de la biodiversité en haute mer. Pour le moment, une protection marine accrue pourrait être obtenue pour les dorsales de Salas y Gómez et de Nazca par l’intermédiaire d’organisations sectorielles telles que L’Organisation régionale de gestion des pêches du Pacifique Sud. Cette protection accrue permettrait selon les experts de réaliser des progrès importants dans la protection des ressources naturelles et culturelles uniques de la région contre les menaces futures.
Les experts concluent dans leur rapport que les stratégies les plus efficaces pour protéger ces chaînes de montagnes sous-marines comprennent la limitation des activités de pêche, l’interdiction de l’exploitation minière des fonds sous-marins et la création d’une zone marine protégée en haute mer dans la région. La protection des dorsales constituerait un exemple pour la conservation de la biodiversité dans les zones en dehors de la juridiction nationale.


