Les coraux menacés dans les îles françaises de l’océan Indien (2 m 30)

Photo d'illustration © Olivier Girard de Pixabay

1767
⏱ Lecture 2 mn.

Les coraux sont confrontés à « un niveau de menace significatif » dans les îles françaises de l’océan Indien, affirme l’UICN.

Selon le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 15% des espèces de coraux sont en danger à La Réunion, 12% à Mayotte et 6% dans les îles Éparses. « Le réchauffement climatique figure au rang des principales menaces« , explique-t-il dans un état des lieux inédit, mené conjointement avec l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN). Il « se traduit par une augmentation de la température de l’eau de mer de surface, entraînant en saison chaude un blanchissement corallien » pouvant conduire « à la mort des coraux lorsque le phénomène est intense et se prolonge trop longtemps« , précise-t-il. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

La dégradation de la qualité des eaux côtières constitue une autre menace majeure. L’étude pointe notamment « les effets cumulés de l’urbanisation croissante des littoraux, des rejets d’eaux usées, des pollutions agricoles » et des ruissellements causés par les défrichements. Enfin, l’impact des prélèvements, des maladies coralliennes et des cyclones s’ajoute aux pressions subies par les coraux, souligne l’UICN, qui tient à jour la Liste rouge des espèces menacées en France. Certaines espèces sont particulièrement sensibles aux pressions d’origine humaine, comme la Stylophora pistillata, aujourd’hui classée « en danger critique » à La Réunion, alors qu’elle était autrefois assez commune sur les platiers récifaux, souligne l’étude.

« Si les coraux viennent à disparaître, cela posera un problème beaucoup plus large pour l’état de santé et la vitalité des océans« , a expliqué à l’AFP Florian Kirchner, chargé de programme Espèces à l’UICN. « Les coraux ont un rôle majeur dans le renouvellement de la faune dans les océans » a-t-il rappelé, car « ils servent de refuge et d’abris pour un grand nombre d’espèces de poissons« . Ils protègent aussi les côtes contre des événements naturels violents, comme les cyclones ou les houles marines. « On doit mieux penser les aménagements côtiers et les rejets agricoles, qui sont très préjudiciables aux coraux » a estimé Florian Kirchner. « Si on contribue à l’amélioration de la qualité des eaux côtières, ils seront plus résistants au changement climatique« , a-t-il conclu.

Les scientifiques du monde entier cherchent toutes sortes de moyens pour protéger et les coraux. A cette fin, des initiatives variées voient le jour, parfois même pour favoriser leur repousse. L’une des options consiste à créer davantage de zones marines protégées. Les scientifiques affirment que la création de refuges marins, où la pêche, l’exploitation minière et les activités récréatives sont interdites, rend les récifs plus sains et donc plus résistants. Mais au-delà de ces réserves naturelles, certains écologistes cherchent des méthodes plus pratiques. Un centre de recherche dans l’archipel des Keys, en Floride, explore une forme de sélection naturelle pour maintenir les coraux à flot. Le système récifal des Keys a été durement touché par le changement climatique et les maladies, ce qui est particulièrement difficile, car les coraux de cette région aident à soutenir des pêcheries dont la valeur est estimée à 100 millions de dollars chaque année. En outre, les coraux au large des côtes de Floride sont pollués par les eaux agricoles et les eaux usées. Pour maintenir l’écosystème sauvage en vie, des scientifiques récoltent des échantillons de coraux qui ont survécu aux stress environnementaux de manière naturelle, les élèvent à la main et les rattachent au récif. Ces coraux dotés de gènes robustes peuvent devenir des candidats naturels pour les projets de restauration.

[/ihc-hide-content]