Plus d’un siècle après, le retour du bouquetin en Béarn(1 min)

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Cinq bouquetins ibériques ont été lâchés jeudi 11 avril matin en vallée pyrénéenne d’Aspe, marquant symboliquement le retour de l’espèce en Béarn, d’où l’ongulé avait disparu il y a plus d’un siècle, mais se reconstitue depuis une demi-douzaine d’années dans tout le massif.

Devant quelques centaines de personnes, dont de nombreux écoliers associés à l’opération, cinq bouquetins ibériques – un jeune mâle et une jeune femelle, une mère et son petit, un mâle plus âgé – ont été lâchés près d’Accous (Pyérénées-Atlantiques), en vallée d’Aspe, premier pan d’un programme qui prévoit la réintroduction de 70 animaux sur deux ans sur les vallées béarnaises voisines d’Aspe et d’Ossau. Le lâcher vise à la création d’un nouveau noyau de bouquetin ibérique (capra pyrenaica) en Béarn dans le Parc national des Pyrénées (à cheval sur Hautes-Pyrénées et Pyrénées Atlantiques) alors que deux noyaux sont d’ores et déjà établis côté Hautes-Pyrénées. « Le bouquetin avait disparu depuis le début du siècle dernier sur le versant français (des Pyrénées) et depuis le milieu du siècle dernier versant espagnol », a expliqué Laurent Grandsimon, président du Parc national des Pyrénées. La chasse est une raison principale de son extinction, car le bouquetin est peu farouche, et pour se protéger de ses prédateurs naturels se perche sur des parois, ce qui a toujours fait de lui une cible facile. Reconnaissable à ses cornes en forme de lyre, le bouquetin ibérique, ou bouquetin d’Espagne, trapu et plus petit que celui des Alpes, est réintroduit depuis 2014, avec environ 200 animaux lâchés entre Pyrénées ariégeoises et les Pyrénées occidentales. La population dans le Parc national des Pyrénées est d’environ 140 individus, dont une quinzaine de cabris nés en 2018. L’objectif pour une population viable est de 200 animaux. Après les lâchers de jeudi matin – dont une femelle, baptisée par les enfants « Lasagne », qui a foncé droit dans le groupe de journalistes – quatre autres animaux, prélevés eux aussi dans le Parc national de la Sierra de Guadarrama, en Espagne, devaient être lâchés dans la journée.