Un Life pour la biodiversité d’Outre-mer (2 min)

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L’Échenilleur de La Réunion, le Moqueur gorge blanche de Martinique, le Crabier blanc de Mayotte, le Mérou de Nassau à Saint-Martin, le Mérou géant de Guyane et de Saint-Martin et les savanes sèches de Guyane ont désormais un programme doté de fonds européens dédié à leur préservation.

Les territoires d’Outre-mer français hébergent 80% de la biodiversité française. « Cependant, cette biodiversité est fortement menacée par l’augmentation de la population humaine sur ces territoires limités et elle est soumise à de fortes pressions économiques, forestières, minières et touristiques ainsi que par les bouleversements climatiques », assure dans un communiqué la Ligue pour la Protection des oiseaux (LPO), qui coordonne au niveau national le nouveau programme LIFE BIODIV’OM. Celui-ci contribue à la protection de cinq espèces mondialement menacées dont trois espèces d’oiseaux, l’Échenilleur de La Réunion, le Moqueur gorge blanche en Martinique, le Crabier blanc à Mayotte et deux espèces de mérous : le Mérou de Nassau à Saint-Martin et le Mérou géant présent en Guyane et à Saint-Martin. Le projet contribue également à la protection d’un habitat rare et fortement menacé, les savanes sèches de Guyane. Ce projet est le premier programme LIFE qui implique cinq territoires d’Outre-mer français et qui est porté par cinq associations locales de protection de la nature – le GEPOG (Groupe d’Etude et de Protection des Oiseaux en Guyane), l’AGRNSM (Association de Gestion de la Réserve Naturelle de Saint-Martin), le GEPOMAY (Groupe d’Etude et de Protection des Oiseaux de Mayotte), la SEOR (Société d’Etudes Ornithologiques de La Réunion) -, un parc national et un parc naturel régional. Prévu jusqu’en 2023, il fait suite à un précédent programme de conservation en outre-mer, le LIFE+ CAP DOM, mené entre 2010 et 2015 en Guyane, à La Réunion et en Martinique.

L’échenilleur de la Réunion est menacé par des espèces exotiques envahissantes (EEE) comme le rat noir et le chat domestique. Ces espèces seront éradiquées sur plus de 1200 ha. 5 Brigades Tuit-tuit seront créées pour pérenniser les actions et une translocation de l’espèce sera menée pour renforcer la population, dans l’espèce qu’elle atteigne 55 couples. Le moqueur gorge blanche est quant à lui menacé par la perte d’habitat : l’espèce est cantonnée sur une parcelle d’environ 5km² de quelques espaces boisés, isolés du reste des peuplements forestiers du fait de la présence de parcelles agricoles. Les EEE tels que le rat noir et la petite mangouste indienne sont aussi des facteurs de déclin. Le LIFE vise la mise en place d’un corridor écologique et d’une Brigade « Moqueur » pour pérenniser les actions, la tenue de huit ateliers de concertation, 10% de changement de pratiques, et ainsi 30% de réussite de jeunes à l’envol. A Mayotte, le crabier blanc est menacé par la destruction de ses habitats pour les cultures illégales, le braconnage pour ses œufs, et les EEE. 48 hectares de terres seront dédiés à la lutte contre les EEE, avec des techniques innovantes de dératisation, et 228 hectares, à des mesures de gestion pour atteindre 150 jeunes supplémentaires à l’envol. Le mérou de Nassau et le mérou géants pâtissent tous deux de la surpêche, de la destruction des habitats (aménagements côtiers, rejets d’eaux usées, défrichement du littoral…) et les changements climatiques qui induisent une diminution du couvert corallien et des épisodes de blanchissement. Le Life permettra d’établir des guides de bonnes pratiques, une charte de pêche pour le mérou géant, un arrêté de réglementation pour le mérou de Nassau, et des réseaux participatifs de veille « Mérou » pour les deux espèces. Enfin, les savanes sèches de Guyane sont menacées par deux EEE : l’Acacia mangium et le Niaouli (Melaleuca quinquenervia), qui transforment la nature du sol, et par leur destruction au profit de prairies agricoles maintenues par l’apport d’intrants, de carrières ou de projets fonciers. A la fin du Life,une technique de lutte aura été mise en place contre le Niaouli, 50% des savanes auront été libérés de A.Mangium et seront enrichis de 4500 plants d’espèces de remplacement.