Aires protégées : (effets d’)annonces et pistes de travail (2 mn)

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Le gouvernement a annoncé la mise en place du premier comité de pilotage d’élaboration de la future stratégie des aires protégées 2020-2030. FNE fustige des effets d’annonce et propose des pistes de travail.

Le premier comité de pilotage d’élaboration de la future stratégie des aires protégées 2020-2030 a été lancé le jeudi 28 novembre par Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire. Alors que les aires protégées couvrent aujourd’hui environ 29,5% des terres et 23,5% des eaux françaises, le gouvernement souhaite porter à 30% du territoire français la part des aires marines et terrestres protégées, dont un tiers en protection forte, d’ici 2022. A cette fin, « la France s’engage dans la construction d’une nouvelle stratégie ambitieuse« , qui permettra également « d’améliorer la qualité de la gestion des espaces protégés » et « sera le fruit de la concertation de toutes les parties prenantes« , indique le ministère dans un communiqué. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Ainsi le nouveau comité de pilotage rassemble des élus et associations de collectivités, des acteurs économiques, des ONG, des représentants des gestionnaires d’aires protégées et d’établissements publics, des scientifiques et des comités nationaux en charge de sujets comme la biodiversité, le maritime ou la protection de la nature. La nouvelle stratégie devra être adoptée dans sa version définitive en juin 2020 lors du Congrès mondial de la nature à Marseille. « Outre la création de nouvelles aires protégées, elle permettra de répondre à de nombreux enjeux communs : la qualité de la gestion, les usages durables au sein du réseau des aires protégées, l’intégration territoriale des aires protégées et les enjeux du financement des aires protégées. »

Face à ces annonces, et au-delà du pourcentage de territoire national qui sera protégé dans le futur, l’association France Nature Environnement (FNE) s’est inquiété du niveau de protection qui sera réellement mis en place. Ainsi, si sur le papier plus de 20% des espaces marins sont sensés être compris dans des aires protégées, « diverses activités y sont autorisées, explique FNE dans un communiqué. Résultat, seulement 1,5% des espaces marins sont réellement protégés. » De même, le nouveau Parc national des forêts de Champagne et Bourgogne n’est selon elle pas « digne de ce nom, faute de courage politique« , notamment car l’exploitation forestière, les pratiques agricoles intensives et la chasse s’y poursuivront. L’association propose des pistes de travail au gouvernement pour repenser sa stratégie des espaces protégés : « la future stratégie doit d’abord cibler les espèces et habitats à enjeux de conservation pour identifier des secteurs prioritaires à protéger. Elle devra ensuite s’appuyer sur des outils qui, à l’instar des réserves naturelles démontrent jour après jour leur efficacité en matière de protection des espèces. » Par ailleurs, l’Etat devra s’engager en faveur de l’animation et du portage local des projets de création de nouvelles aires protégées afin que les territoires se les approprient pleinement. « Enfin, cette stratégie ambitieuse devra être adoptée et portée au niveau interministériel pour donner l’impact nécessaire à une mise en œuvre efficace. »

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