L’anniversaire du gypaète barbu

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30 ans après sa réintroduction en France, 20 ans après la première naissance d’un poussin dans les Alpes, le gypaète barbu se porte plutôt bien. Asters (Conservatoire des espaces naturels de Haute-Savoie), qui pilote le plan d’action pour la France, dresse un bilan positif.

Quelques passionnés décident dans les années 1970 de réintroduire cette espèce emblématique des montagnes, un siècle après son éradication. Une première tentative de réintroduction portée par la DDA de Haute-Savoie (Direction Départementale de l’Agriculture) a lieu au début des années 70, à partir d’oiseaux prélevés en nature en Afghanistan. Malheureusement, elle se solde par un échec.

En 1978, une première tentative de reproduction de gypaètes en captivité est réussie au zoo d’Innsbruck en Autriche. Un réseau d’élevage se met en place au sein du programme européen pour les espèces menacées (EEP). Des centres d’élevage spécifiques sont crées et une trentaine de zoos participent à l’opération. Une deuxième initiative en faveur du Gypaète voit le jour à partir d’une autre méthode : relâcher les poussins nés en captivité. Un vaste programme de réintroduction se met alors en place à partir de 1986 aux quatre coins des Alpes, dans le cadre d’une coopération alpine autour de l’élevage et du suivi. Après l’Autriche en 1986, c’est au tour de la France en 1987 de réintroduire deux poussins, dans le massif du Bargy sur la commune du Reposoir. Puis ont suivi d’autres lâchers sur de nouveaux sites, à partir de 1993 dans les Alpes du sud (Parc national du Mercantour, Parco Naturalle Alpi Marittime) puis dans les Pré-Alpes à partir de 2010.

Au total 211 oiseaux sont réintroduits dans les Alpes. Il faut attendre 11 ans pour voir la première reproduction en nature réussir, avec l’envol du poussin dénommé Phénix Alp Action en 1997, dans le massif du Bargy sur la commune du Reposoir. 20 ans après, les mêmes oiseaux sont toujours présents sur le massif et continuent de se reproduire. A eux seuls, ils ont donné naissance à 15 poussins sur la totalité des 173 poussins nés dans les Alpes. Il s’agit de l’un des couples les plus productifs ! En 2016, 34 couples se sont reproduits sur l’arc alpin, dont 11 sur le versant français.

C’est Asters, Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie, qui coordonne le plan national dans les Alpes françaises, en lien avec la DREAL et la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Pour mettre en oeuvre les actions, Asters s’appuie sur un projet européen, le LIFE GypHelp qui vise à réduire les menaces anthropiques sur le Gypaète barbu et sur d’autres espèces comme les grands rapaces ou les galliformes. Ce projet piloté par Asters s’articule autour de 3 thématiques :

  • les percussions et l’électrocution contre les infrastructures électriques,
  • l’empoisonnement et l’intoxication,
  • le dérangement de la reproduction.

Pour célébrer le double anniversaire du gypaète dans les Alpes, Asters propose tout un programme d’animations jusqu’à l’automne.