Le déshonneur et la catastrophe

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« Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur, vous aurez le déshonneur ET la guerre ». Si elle connait ses classiques, Monique Barbut doit méditer cette réaction de Churchill à l’accord de Munich, par lequel en 1938 la France et le Royaume-Uni s’humilièrent devant Hitler dans l’espoir -dérisoire- de sauver la paix. Roulée dans la farine par le Premier ministre – qui s’était engagé à ce que la réautorisation de l’acétamipride ne figure pas dans la loi « d’urgence agricole », avant de renier sa parole- et par la majorité parlementaire de droite et d’extrême-droite, la ministre de l’Écologie a tergiversé, puis en début de semaine dernière annoncé sa démission. Une tape sur le museau, administrée par le Président de la République, aura suffi à lui faire tourner casaque.

Désormais privée de toute crédibilité, de tout poids politique, de toute feuille de route, l’estomac lesté des boas qu’elle a dû avaler, cornérisée par un secrétaire d’État dont la seule occupation est de shooter des buts contre l’écologie, défiée par une ministre de l’Agriculture qui plastronne et crie victoire après le vote de la loi, Mme Barbut reste donc au gouvernement pour « poursuivre sa mission ». Quelle mission ? Le Droit de l’environnement est méthodiquement démantelé, au profit de l’artificialisation débridée des territoires, au profit de l’agro-industrie dopée aux intrants chimiques, au profit d’une industrie pourvoyeuse décomplexée de polluants éternels et autres PFAS. Les crédits du Fonds vert sont réduits à néant, tandis que les dépenses fiscales nocives pour la biodiversité prospèrent.

A l’heure où, dans le Palais des Expositions de Bordeaux, on entasse les premiers réfugiés climatiques français, où la facture de la folie consumériste ne se paie plus en dollars mais en degrés Celsius, à l’heure où la forêt part en fumée, le ministère de l’écologie est rayé de la carte. Les incendies fument encore que déjà les productivistes frénétiques parlent de « reconstruire », de « replanter », de tout remettre à l’identique, d’effacer les traces et de recommencer comme avant.

Mme Barbut a choisi le déshonneur pour éviter la catastrophe. Elle aura les deux. Nous n’aurons, nous, que la catastrophe.

Notre maison brûle… et on prend des vacances ! Prochain rendez-vous le 3 septembre. Prenez soin de vous !