Merci de respecter les consignes

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Et vous, vous êtes plutôt « consigne » ou « recyclage » ? Bon, ne vous cassez pas la tête, le débat est clos. Et d’ailleurs il n’y a jamais eu de débat. Et de toute façon, consigne au recyclage c’est finalement la même chose… mais pas au bénéfice des mêmes.

Vous n’y comprenez rien ? C’est normal. C’est pourtant assez simple : pour atteindre l’objectif européen de 90 % de bouteilles recyclées en 2029, alors que nous en sommes aujourd’hui très loin (à peine 58 %), le gouvernement souhaitait imposer une consigne payante. Si vous rapportiez votre bouteille vide de soda ultra sucré ou d’eau « minérale » enrichie aux PFAS, on vous remboursait quelques centimes. Ce système fonctionne en Allemagne… pour le plus grand bonheur des marchands de bouteilles plastique (contenant et contenu) qui récupèrent sans effort une matière première hautement valorisable, qui leur permet de fabriquer… toujours plus de bouteilles en plastique.

En France, la collecte est confiée aux collectivités territoriales, communes et intercommunalités. Celles-ci ont investi dans des infrastructures de récupération (bacs jaunes, etc), dans des centres de tri, et elles rémunèrent cet investissement par la vente du plastique ainsi collecté (une manne de 400 millions par an). On comprend la fureur des élus de tous bords politiques qui, après avoir financé la filière, voyaient leur rémunération s’envoler pour atterrir dans la poche des industriels du plastique et du diabète en bouteille.

Au terme du bras de fer, le gouvernement a baissé pavillon la semaine dernière, et abandonné son projet. Pas question de fâcher les maires à quelques semaines d’élections sénatoriales…

Cette guerre passée inaperçue du grand public a tout d’un vaudeville dérisoire : consigne ou recyclage « gratuit », dans les deux cas il s’agît au final de re-fabriquer du plastique. En aucun cas on ne parle de réemploi, qui pourrait seul faire diminuer la production de plastique. On pourrait imaginer des filières régionales d’embouteillage, qui récupéreraient les contenants (verre ou plastique) en circuit court, et créeraient des emplois non-délocalisables. Il faudrait pour cela harmoniser les pratiques des producteurs, normaliser les modèles de flacons, créer les circuits de collecte et de distribution. Bref il faudrait concerter, dialoguer, et au final légiférer. En somme, il faudrait gouverner. Ben quoi, c’est un gros mot ?