40 ans après le naufrage du Tanio, les oiseaux marins sont toujours mazoutés

Photo d'illustration © Joe Mabel / Wikimedia creative commons

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© Joe Mabel / Wikimedia creative commons
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En mars 1980, le pétrolier Tanio faisait naufrage, laissant s’échapper des litres de fioul au large de la Bretagne. Quarante ans plus tard, des oiseaux sont toujours contaminés par cette catastrophe.

Le naufrage du pétrolier malgache Tanio le 7 mars 1980 au large des côtes bretonnes avait engendré des conséquences dramatiques sur la biodiversité. Plus de 40 000 oiseaux marins sont morts et quarante ans plus tard, des centaines d’espèces sont encore victimes de la marée noire. En novembre 2019, une première alerte a été lancée par Vigipol, le syndicat mixte de protection du littoral Breton. Près de 70 oiseaux ont été retrouvés sur les plages. Des analyses réalisées par le CEDRE, expert international en pollution accidentelle des eaux, ont montré que ces oiseaux ont été mazoutés par le fioul du Tanio, dont une partie a sombré à 25 km au nord de l’île de Batz (29).

La préfecture maritime a entrepris en septembre 2020 des réparations sur la coque reposant à 80 mètres de profondeur afin d’obstruer les valves par lesquelles un échappement d’hydrocarbures a été constaté. À peine un mois et demi plus tard, de nouveau oiseaux marins se sont échoués. Les analyses montrent une nouvelle fois que l’épave du Tanio en est la cause. Au total 150 oiseaux mazoutés ont été recensés par Vigipol depuis novembre 2020 dont 69 pris en charge au centre de soins de la Ligue pour la Protection des oiseaux (LPO) de l’île Grande. « De nombreux oiseaux n’atteignant jamais les côtes, la mortalité est malheureusement sans doute bien plus importante », explique l’association de protection de la nature. Elle souligne que le Guillemot de Troïl et le Pingouin Torda, des espèces patrimoniales officiellement protégées en France, sont les plus touchées.

Début janvier 2021, la Préfecture Maritime de l’Atlantique confirmait que 3 des 10 plaques installées pour boucher les trous dans la coque du Tanion avait été arrachées par des engins de pêche. Cela a bien évidemment engendré une nouvelle fuite intermittente d’hydrocarbures. La préfecture maritime précisait cependant qu’« aucune pollution en mer, ni sur les plages, n’a été repérée depuis les travaux effectués sur la coque du Tanio en septembre 2020 ». La LPO conteste ces propos d’une part parce que « les oiseaux mazoutés retrouvés démontrent la pollution en mer, et d’autre part parce que le fait que les hydrocarbures n’arrivent pas jusqu’aux côtes ne saurait constituer une raison valable pour laisser perdurer cette situation ». L’association qualifie le pétrole encore présent dans les cuves du pétrolier de « bombe à retardement » et exige une réaction rapide afin de la désamorcer définitivement.