🔻 Déforestation : le Cameroun exploite sa forêt primaire ; la Côte d’Ivoire replante 5 millions d’arbres

Photo d'illustration © chris-tessier - Fotolia

1567
⏱ Lecture 3 mn.

Greenpeace et des communautés locales camerounaises ont dénoncé une récente décision prise par Yaoundé autorisant l’exploitation de plus de 68.000 hectares d’une forêt vierge accueillant notamment des primates menacés d’extinction. De son côté, la Côte d’Ivoire fait figure de bonne élève en matière de reforestation, avec plus de 5 millions d’arbres plantés en 2020.

Mi-juillet, le gouvernement camerounais a décidé d’affecter « à la production du bois d’œuvre » plus de 68.000 hectares de la forêt d’Ebo, située au nord de Douala (sud), la capitale économique, selon un arrêté du Premier ministre, Joseph Dion Ngute. La forêt tropicale du bassin du Congo couvre 200 millions d’hectares, et est la deuxième plus grande forêt tropicale au monde après l’Amazonie. « Greenpeace Afrique et les communautés locales dénoncent une décision du gouvernement camerounais d’ouvrir 68.385 hectares de forêt vierge à l’exploitation forestière« , expliquent l’ONG et des représentants des populations locales. Les signataires du texte regrettent que le gouvernement camerounais ait ignoré son propre engagement de faire de cette forêt un parc national. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

« La forêt d’Ebo abrite des primates en danger critique d’extinction dont la condamnation à mort a été signée par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, avec l’approbation de la présidence de la République du Cameroun« , a déploré Sylvie Djacbou, chargée de la forêt chez Greenpeace Afrique. Dans le communiqué, un chef traditionnel de la zone, Victor Yetina, a, pour sa part, fustigé une « grave injustice« , assurant que les communautés locales utiliseront « tous les moyens légaux pour l’annulation de cette décision par le gouvernement« . Alors que le Brésil a été pointé du doigt pour avoir atteint un niveau de déforestation record de l’Amazonie au premier semestre, la déforestation s’accélère également en Afrique, avait prévenu l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en mai.

Autre pays africain, autre son de cloche : les autorités ivoiriennes ont présenté samedi 25 juillet à Yamoussoukro le bilan d’une ambitieuse opération de plantation de plus de 5 millions d’arbres en 2020 pour lutter contre la déforestation, après la plantation en 2019 de plus d’un million d’arbres. « Cette année 2020 est marquée par une opération plus ambitieuse intitulée ‘un jour, cinq millions d’arbres’ (…) qui concrétise notre ferme volonté et notre engagement à relever les défis de la préservation, de la réhabilitation et de l’extension des forêts« , a déclaré le ministre ivoirien des Eaux et forêts, Alain Richard Donwahi, lors d’une cérémonie dans la capitale ivoirienne. « A travers cette opération de plantation d’arbres (…) nous voulons démontrer que le pari pour la Côte d’Ivoire de recouvrer son couvert forestier est certes ambitieux, mais est à notre portée » a poursuivi M. Donwahi qui a en profité pour mettre en terre des plants de tecks, d’eucalyptus et de figuiers.

La campagne démarrée le 1er juin dans l’ensemble des 31 régions du pays, en pleine saison des pluies, a permis de planter « 5,3 millions d’arbres soit 300 000 plants par jour« , selon le bilan officiel. L’opération veut alerter sur la déforestation qui a fait perdre au pays la quasi-totalité de ses forêts en une cinquantaine d’années. Premier producteur mondial de cacao avec 40% du marché, la Côte d’Ivoire, qui comptait 16 millions d’hectares de forêts dans les années 1960, a vu leur superficie fondre à trois millions d’hectares, selon les chiffres officiels, à cause notamment du développement des plantations de cacao. Le réchauffement climatique, les catastrophes naturelles, l’appauvrissement des sols et des migrations des populations ont également participé à la disparition du couvert forestier. La nouvelle politique forestière ivoirienne vise à recouvrer « six millions d’hectares en 2030, soit 20% du territoire national et un accroissement de 3 millions d’hectares de forêts« . La première opération lancée en novembre 2019 avait permis de planter 1,1 million d’arbres, selon le ministère des Eaux et forêts, saluant une « grand engouement et la forte mobilisation des populations en faveur de la réhabilitation de la forêt ivoirienne« .

[/ihc-hide-content]