Le pape dénonce les crimes en Amazonie (1 mn 30)

Photo © Hannai hai de Pixabay

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Le pape François a publié mercredi 12 février un plaidoyer très attendu sur l’Amazonie dans lequel il dénonce « l’injustice » et le « crime » semés par les entreprises qui dévastent ce territoire.

Dans une « exhortation apostolique », intitulée « Querida Amazonia » (Chère Amazonie), le pape livre un message qui se veut universel sous la forme de quatre « rêves » pour l’Amazonie. Au risque de décevoir, il ne mentionne aucune des propositions les plus concrètes et audacieuses formulées en octobre par une assemblée d’évêques venus des neuf pays d’Amazonie. Après trois semaines de débats au Vatican, ils avaient demandé au pape d’envisager d’ouvrir la prêtrise aux hommes mariés, de relancer le débat pour des femmes diacres ou encore de définir la notion de « péché écologique ». Le pape insiste sur la beauté des rites amazoniens avec leur « mystique d’admiration sacrée devant la nature », raillés durant le synode par certains traditionalistes catholiques. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Un groupuscule avait même volé dans une église des statues amazoniennes sacrées pour les jeter dans le Tibre. « Ne nous précipitons pas pour qualifier de superstition ou de paganisme certaines expressions religieuses qui surgissent de la vie des peuples », a-t-il prévenu. Cependant, la suggestion du synode d’un « rite » amazonien (officiellement reconnu par l’Eglise) est uniquement mentionnée dans une note de bas de page.

Dans son document, François a des accents bien plus passionnés pour dénoncer « les entreprises, nationales et internationales, qui détruisent l’Amazonie et ne respectent pas le droit des peuples autochtones ». « Les noms qui leur correspondent : injustice et crime », a-t-il ajouté. « Le recours à des moyens éloignés de toute éthique est fréquent, comme le fait de sanctionner des protestations, y compris en ôtant la vie aux autochtones qui s’opposent aux projets », a-t-il déploré. Les relations économiques deviennent « un instrument qui tue » lorsque « les autorités donnent un accès libre aux industries du bois, aux projets miniers et pétroliers, et à d’autres activités qui dévastent les forêts et polluent l’environnement », selon lui. Le pape a rappelé que « la protection des personnes et des écosystèmes sont inséparables », une notion qu’il résume par l’expression d’écologie « intégrale ».

Dans son texte, truffé de références à des documents des églises locales amazoniennes mais aussi de nombreux poèmes, il s’approprie ce commentaire venant de Colombie : « Nous demandons que cessent les mauvais traitements et les destructions de la Mère terre (nom donné par les autochtones à la planète). La terre a du sang et elle saigne, les multinationales ont coupé les veines à notre Mère terre ». Face à l’injustice, le pape François appelle en outre à « s’indigner » et « demander pardon » pour un « passé honteux » d’exactions contre les indigènes. Citant par exemple leurs souffrances à l’époque de l’exploitation du caoutchouc en Amazonie vénézuélienne.

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