Découverte d’une herpétofaune très riche dans la péninsule sri-lankaise de Jaffna (1 mn 30)

Photo © Sandilya Theuerkauf

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L’une des premières enquêtes herpétologiques a été menée à Jaffna, au Sri Lanka, longtemps isolée par la guerre civile. Elle a mis en évidence une abondance d’amphibiens et de reptiles menacés.

Lorsqu’un groupe d’herpétologistes s’est aventuré dans la péninsule de Jaffna, au nord du Sri Lanka, pour mener l’une des premières enquêtes herpétologique de ce terrain longtemps coupé du reste de l’île par une guerre civile de plusieurs décennies, ils ont plongé dans dans l’inconnu. Sans aucune étude herpétologique préalable pour les guider, l’équipe a fini par documenter 18 espèces de la péninsule géographiquement isolée qui n’avaient pas été enregistrées auparavant. L’une des motivations de l’auteur principale de l’étude qui en a découlé, Thilina Dilan Surasinghe, professeur associé d’écologie et de biologie de la conservation à l’université d’État de Bridgewater aux États-Unis, était de documenter la distribution des espèces et de combler les lacunes dans leurs inventaires pour mieux soutenir les actions de conservation. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Le Sri Lanka possède une remarquable diversité d’herpétofaune et, au fil des ans, des études approfondies ont été menées sur les reptiles et les amphibiens de l’île. Mais la plupart de ces études ont été réalisées dans les zones humides les plus accessibles ; les études dans la zone sèche, qui comprend 60% de la masse terrestre de l’île, dont Jaffna, ont été rares. Les recherches de l’équipe ont consisté en une première enquête de terrain et une revue de la littérature scientifique et des spécimens de musée. Elle a permis d’obtenir un total de 84 espèces : 69 reptiles et 15 amphibiens. Les observations sur le terrain, effectuées dans dix types d’habitat, ont permis de recenser 44 reptiles, dont trois sont désignés comme menacés au niveau national, un comme menacé au niveau mondial et huit comme endémiques à la région. Les espèces rencontrées comprenaient deux scinques (Eutropis madarzi etEutropis macularia), un boa (Eryx conicus), l’Echide carénée (Echis carinatus), un crapaud nain (Duttaphrynus scaber) et le crocodile des marais (Crocodylus palustris). Le crapaud Euphlyctis cyanophlyctis est l’amphibien le plus abondant qu’ils aient trouvé, et l’agame versicolore (Calotes versicolor), le reptile le plus abondant.

Parmi les différents habitats étudiés, les plans d’eau intérieurs présentaient la plus grande richesse en espèces et la plus grande abondance pour toute l’herpétofaune, et les marais saumâtres la plus faible. Les recherches ont mis en évidence l’importance des masses d’eau intérieures, des terres cultivées, des jardins familiaux et des plages côtières pour l’herpétofaune indigène. L’étude a également aidé l’équipe à identifier un certain nombre de menaces pour les reptiles et les amphibiens de Jaffna, comprenant l’extermination des espèces considérées comme nuisibles ou dangereuses pour l’homme, les collisions routières, les nouveaux projets d’infrastructure ainsi que l’exploitation forestière pour le bois de chauffage et le bois d’œuvre. Pour conserver à la fois les espèces et leurs habitats, les chercheurs ont appelé à une planification de l’utilisation des terres, à la gestion durable des ressources naturelles et au développement raisonné des infrastructures.

L’étude

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